Cellules souches embryonnaires: argument fallacieux des partisans

Valais: L’évêque de Sion et l’Abbé de Saint-Maurice pour un authentique respect de la vie

Sion, 21 novembre 2004 (Apic) Plaidant pour un authentique respect de la vie, Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, et l’Abbé de Saint-Maurice Joseph Roduit, qualifient de «fallacieux» les arguments des partisans de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Cet objet est soumis au peuple suisse en votation populaire le 28 novembre prochain.

Dans l’édition du week-end du quotidien valaisan «Le Nouvelliste», l’évêque de Sion et l’Abbé de Saint-Maurice sont étonnés de constater comment des partisans de la recherche sur les cellules souches embryonnaires «manipulent certaines vérités et certains arguments».

Ils relèvent que les partisans de la nouvelle loi relative à la recherche sur les cellules souches (LRCS) passent sous silence que la production d’embryons «surnuméraires» est interdite par la loi. «Les autorités ne devraient-elles donc pas tout entreprendre pour empêcher cette production? Au contraire, elles essaient de couvrir leur impuissance avec une loi qui autorise l’utilisation de ces embryons à des buts de recherche, même si pour cela ils seront tués», écrivent Mgr Brunner et l’Abbé Roduit.

Pour d’autres, poser un signe de respect envers les embryons qui devront de toute façon mourir, c’est les mettre à disposition de la science comme moyen permettant de lutter contre des maladies. «On ne peut guère argumenter de manière plus fallacieuse! Imaginez le médecin qui vous dit, à propos de votre conjoint ou de votre enfant gravement accidenté et en danger de mort: nous allons prélever sur lui le coeur, les reins et d’autres organes, car il doit de toute façon mourir; ainsi vous pouvez au moins lui témoigner encore du respect!», relèvent l’évêque de Sion et l’Abbé de Saint- Maurice.

Des régimes ont mis en pratique cette vision des choses

Ils contestent également un autre argument constamment répandu selon lequel les embryons ne seraient pas encore pleinement des êtres humains, mais un amas de cellules. Ils auraient bien les mêmes droits, mais ils n’arriveraient pas à la jouissance de ces droits. Mgr Brunner et l’Abbé Roduit contestent cette vision des choses: «Savez-vous ce que cela signifie pour des personnes handicapées, des mourants, des prisonniers, . si l’on argumente ainsi avec eux? Ils n’ont pas ou pas tout à fait la jouissance de leurs droits, alors on peut les «utiliser» à des buts scientifiques. Il y a eu des régimes qui, non seulement ont pensé cela, mais l’ont mis en pratique». Pour des motifs éthiques et par respect de la vie, l’évêque de Sion et l’Abbé de Saint-Maurice affirment qu’il n’y a qu’une réponse à la recherche sur les cellules souches embryonnaires, «c’est NON !»

Rappelons que l’Assemblée fédérale a adopté la loi relative à la recherche sur les cellules souches (LRCS) le 19 décembre 2003. D’après la majorité, cette loi exige «certaines conditions précises et très strictes» et a pour but de prévenir l’utilisation abusive d’embryons surnuméraires et de cellules souches embryonnaires ainsi que de protéger la dignité humaine. Le référendum contre la LRSC a été lancé par l’association «Oui à la vie», la fondation ASME (Aide suisse pour la mère et l’enfant) et le «Basler Appell gegen Gentechnologie». JB

Encadré

Inacceptable pour les évêques suisses

Etant donné que la LRCS concerne un thème bioéthique essentiel touchant à la dignité de la vie humaine et à son intangibilité, le présidium de la Conférence des évêques suisses (CES) a pris prendre position par rapport à cette problématique complexe soumise au peuple suisse le 28 novembre prochain. Un référendum a été lancé contre ce projet de loi qualifié par les évêques suisses de «permissif.» La nouvelle loi prévoit entre autres l’utilisation des embryons surnuméraires résultant de la fécondation in vitro.

La Commission «Bioéthique» de la CES a rédigé un dépliant montrant les enjeux de la loi relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Pour la CES, il s’agit là d’une législation «inacceptable».

Dans un communiqué daté du 2 novembre, le présidium de la CES refuse, pour des motifs éthiques, l’actuel projet de loi, parce qu’il permet l’emploi, et donc la suppression, d’embryons à des fins scientifiques. La recherche médicale tient à coeur à la CES, c’est pourquoi elle soutient la recherche prometteuse sur des cellules souches adultes. (apic/be)

21 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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