Suisse

Valais: la communauté Cana-Myriam disparaît

La petite communauté religieuse Cana-Myriam, basée à Muraz (VS), a été dissoute le 24 mars 2018, informe le diocèse de Sion, le 4 avril. Sœur Claire, qui a accompagné la communauté depuis le décès des fondateurs (2010/2011), regrette la fin d’une institution qui a apporté «beaucoup de beaux fruits» à l’Eglise.

«J’ai aimé cette communauté et intensément cru dans sa mission», assure Sœur Claire à cath.ch. «Ces membres vivaient en profondeur la prière et l’accueil de la Parole de Dieu et recevaient chacun dans un immense respect et une très grande humilité. De nombreuses personnes y ont fait l’expérience d’une rencontre vivante avec Dieu qui a changé leur vie».

La religieuse de Saint-Augustin a connu le projet Cana-Myriam dès ses débuts, en 1985. Elle était alors proche de la fondatrice, Anne-Marie Sonderegger. A cette époque, l’abbé Bernard Muller, cofondateur, était aussi aumônier des groupes de prières du Renouveau charismatique pour la Suisse Romande. Au travers des sessions et temps de formation qu’il organisait, il était de plus en plus interpellé par la souffrance et l’isolement de personnes qu’il rencontrait. De là a émergé le projet de la création d’une communauté d’accueil et d’écoute fondée sur la spiritualité mariale: la Vierge Marie à Cana.

Charge de travail trop importante

La communauté s’est établie en 1994 dans la maison de La Rochette dans la commune de Collombey-Muraz. Elle y a été érigée alors en une «Association de fidèles de droit diocésain» par le cardinal Henri Schwery, alors évêque de Sion. «Mgr Schwery s’est toujours intéressé à Cana-Myriam. Lui et moi avons pris le relais de l’accompagnement de la communauté lorsque les deux fondateurs se sont retrouvés affaiblis», note Sœur Claire. Depuis 2010, elle a alors fait office de répondante de la communauté auprès du diocèse.

Après la mort des fondateurs, en 2010 et 2011, la communauté s’est rapidement amenuisée. Elle ne comptait finalement plus, ces dernières années, que deux religieuses, secondées par des laïcs réunis dans les groupes l’Alliance et la Fraternité d’accueil. «Elles ont courageusement poursuivi la mission initiale, souligne Sœur Claire. Mais la charge de travail était trop importante, menaçant leur santé. Et en accord avec Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, la décision de dissoudre la communauté a finalement été prise. Il est possible que les laïcs associés poursuivent une part de ce charisme d’accueil, de compassion et de prière si nécessaire à l’Eglise et au monde d’aujourd’hui».

Un avenir pour la maison

Il est prévu que les deux religieuses quittent La Rochette fin mai.

La maison reste la propriété de la Fondation Cana-Myriam, qui a même pu acquérir le solde du domaine, note l’évêché. La vocation de cette maison, au service d’une communauté résidente, n’est pas changée. Après une période de rénovation, des personnes laïques pourront venir s’y installer afin d’y mener une vie communautaire de spiritualité mariale.

L’esprit de cette Maison de Dieu devrait ainsi survivre sous une forme nouvelle. Sœur Claire relève qu’une reprise du lieu par un autre groupe de vie communautaire est déjà sur les rails. Elle précise que la Paroisse de Collombey-Muraz fera officiellement ses adieux, le dimanche 8 avril 2018, à la communauté. (cath.ch/com/rz)


Besoin d’un renouveau du Renouveau?

«La dissolution a quand même été un choc», confie Sœur Marie-Joseph, l’une des deux religieuses qui résident encore à La Rochette. La religieuse avait espéré jusqu’au bout qu’une solution surgisse. «Mais il fallait se rendre à l’évidence, la charge de travail était beaucoup trop lourde pour deux personnes». Elle remercie quoiqu’il en soit pour l’aide apportée par le diocèse, les laïcs, la fondation et toutes les personnes qui entourent Cana-Myriam. Sœur Marie-Joseph se rappelle d’un travail «passionnant» et porteur de beaux résultats, dans une communauté où elle sentait que «Dieu était à l’œuvre». Elle espère ainsi que cette spiritualité pourra se poursuivre.

La religieuse n’exclut pas que cette disparition puisse être emblématique d’un certain essoufflement du Renouveau charismatique en Suisse romande. Même si Cana-Myriam est toujours restée quelque peu en marge du mouvement. «C’est normal, les personnes qui composent le mouvement commencent à prendre de l’âge et la relève n’est pas toujours facile à trouver», admet-elle. «Mais je perçois que les responsables font tout ce qu’ils peuvent pour donner un nouvel élan, et les signes d’un nouveau souffle commencent à apparaître».

Sœur Marie-Joseph reste ainsi optimiste et estime que si elle et sa consoeur ont dû quitter la communauté, c’est que «Dieu nous attend ailleurs». RZ

La maison La Rochette à Muraz (VS) abritait Cana-myriam
4 avril 2018 | 17:11
par Raphaël Zbinden
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