2’000 signatures remises au Grand Conseil
Valais: Pétition pour exiger le retrait immédiat du manuel religieux ENBIRO
Sion, 14 janvier 2004 (Apic) Une pétition réclamant le retrait de la nouvelle méthode d’enseignement biblique et interreligieux romand (ENBIRO) a été remise jeudi au président du Grand Conseil valaisan, Jean-Paul Duroux. La pétition a été remise par le journaliste indépendant Jean-Claude Kollros, porte-parole des parents mécontents, qui a également été le chef de campagne de l’UDC Oscar Freisinger.
Munie de 2000 signatures, cette requête a été présentée par ses défenseurs comme «une première victoire contre la loi du silence», indique «Le Nouvelliste» édité à Sion. Le comité parental et citoyen à qui l’on doit cette démarche s’est réjoui d’avoir pu «briser l’omerta a priori imposée par le Département de l’éducation du Valais, avec le mutisme un brin embarrassé de l’évêché»
Les signataires de ce texte considèrent le manuel ENBIRO, comme non respectueux de la religion catholique. «Un véritable bircher-müsli, sorte de melting-pot multi-religieux fleurant bon le new-âge et mettant de fait Jésus et Mahomet sur pied d’égalité». Jugé «pédagogiquement mauvais», il doit donc être immédiatement retiré.
Si leurs doléances ne devaient pas être entendues par le Département de l’éducation, les pétitionnaires sont décidés à intervenir par le biais du Grand Conseil, «pour demander que celui-ci autorise à tout le moins le libre choix des communes». Jeudi à Sion, on évoquait aussi la possibilité de lancer une initiative populaire ou un référendum.
Un retrait n’est pas imaginable
Le Département de l’éducation, de la culture et du sport (DECS) a réagi: «Retirer ENBIRO équivaudrait à supprimer purement et simplement des heures de cours. Pensez-vous que cela soit imaginable?» «En mettant entre les mains de nos enfants ce manuel, l’école valaisanne ne fait que son devoir. Les règles ont été clairement définies en 1991 par le cardinal Schwery: aux parents, la responsabilité numéro un de l’éducation morale des enfants; à l’église, la charge d’enseigner le catéchèse; et à l’école, l’histoire des religions». Tout au plus le chef du DECS se dit-il prêt à étudier d’éventuelles petites retouches.
Tout a commencé à la rentrée scolaire de septembre par un téléphone de Nicole Alett, une mère de famille du village de Vex. Celle-ci, âgée d’une trentaine d’année, n’en est pas revenue du livre de religion que ses deux enfants, en 3e et 4e années primaire, lui ont ramené à la maison. Les éditions Enbiro, Enseignement biblique et interreligieux romand, ont publié les deux premiers volumes de leur nouveau matériel pour l’enseignement des religions dans le primaire, intitulé «Au fil du temps». Ils sont déjà utilisés depuis la rentrée 2003 dans les classes de 3e et 4e années primaires des cantons de Vaud, Fribourg, Valais et Jura. (apic/ln/pr)



