De Bukavu, Congo, à Martigny, Valais

Valais: Prêtres étrangers en ministère estival

Martigny, 7 août 2005 (Apic) Le curé de la paroisse de Kabare, archidiocèse de Bukavu, à l’Est de la R.D. du Congo, en ministère pastoral estival en Valais, interviewé par le Nouvelliste le 6 août, parle de sa paroisse congolaise. «Dans l’Est de la R.D. Congo, témoigne-t-il, des villages entiers sont brûlés par des bandes armées».

Curé de la paroisse de Kabare, archidiocèse de Bukavu, à l’Est de la R.D. du Congo, le Père Adrien Cishugi gère une paroisse de 83’000 fidèles catholiques, pour une population de 146’000 habitants. Bukavu est dans la Région des Grands Lacs secouée depuis plus de 10 ans par des guerres. Pour donner une image de ses impressions en Suisse, il commence par citer un proverbe de son pays: «Un enfant qui ne sort pas de chez lui pense toujours que la cuisine de sa mère est la meilleure », proverbe mashi (Bukavu, R.D. Congo).

«Deux prêtres m’assistent» explique-t-il à propos de sa paroisse dans la région de Bukavu, ajoutant: «Nous avons aussi la responsabilité de 14 écoles et un hôpital de 200 lits. Nous, prêtres africains, venons souvent en Europe pour raisons d’études, de santé, de sécurité ou de ’vacances’. Je fais partie du dernier groupe».

«Quand je pense, lance-t-il, au travail laissé à mes deux confrères, je crois que ma place n’est pas ici. Mais je suis encouragé à être ici à Martigny car je peux, en Eglise famille de Dieu, rendre service à la paroisse soeur de Martigny. Je suis ainsi confronté à une autre culture, mentalité et surtout à une autre manière de vivre l’Evangile. J’apprends à aimer tout le monde tel qu’il est. Je remplace avec plaisir les confrères qui profitent de notre présence pour voyager et faire, eux aussi, d’autres expériences pastorales».

Mieux faire connaître la situation au Congo

Il précise: «Un temps comme celui-ci me permet de faire connaître à qui veut l’entendre, les moments difficiles que nous traversons. Nous vivons des scènes d’horreur, aussi tragiques que les attentats terroristes, mais les journaux d’ici n’y portent pas grande attention. Dans l’Est de la R.D. Congo, des villages entiers sont brûlés par des bandes armées et milices de toutes sortes fabriquées par l’Occident. Des milliers de femmes et filles de 8 à 70 ans sont violées. Le sida fait des ravages parmi ces victimes de violences sexuelles. Il y a plus de 20’000 enfants soldats âgés de 7 à 17 ans. C’est au nom de ces sinistrés que je viens en Suisse pour faire appel à la générosité des personnes de bonne volonté, afin de leur donner espoir de vie».

Parmi les «gestes» qui l’ont touché, l’abbé parle des familles qu’il voit dans la rue avec des bébés. «Il y a beaucoup de jeunes. Cependant, je suis frustré par le nombre croissant de cas de divorces. C’est un fléau pour l’Occident, virus inconnu dans ma paroisse». (apic/ln/vb)

7 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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