Perplexité des délégués devant le budget 1994

Valais: Synode de l’Eglise réformée (081193)

Sion, 8novembre(APIC) Les délégués au Synode de l’Eglise réformée évangé

lique du Valais (EREV), réunis samedi 6 novembre à Sion, se sont penchés

sur des domaines très divers de la vie de l’Eglise. Le premier concernait

la manière de marquer la fin du catéchisme. Le second domaine de réflexion

a été celui des finances. Exercice difficile au moment où on ignore ce à

quoi aboutiront les négociations entre l’Eglise et l’Etat valaisan – respectivement entre les paroisses et les communes – dans la mise en application de la loi concernant la participation étatique aux frais du culte. Le

budget 94 prévoit actuellement un déficit de plus de 260’000 francs.

En première partie de sa session, le Synode valaisan s’est interrogé à

propos de la cérémonie de confirmation. La pratique concernant la fin du

catéchisme diffère d’une paroisse à l’autre. On observe globalement trois

types de pratique. Le premier consiste à confirmer les catéchumènes à Pentecôte, selon la formule traditionnelle à laquelle les jeunes répondent

«Oui avec l’aide de Dieu». C’est la pratique de la majorité des paroisses

valaisannes.

Dans la deuxième pratique, on insiste sur la notion de «confirmation

passive», dans laquelle c’est Dieu qui confirme sa bénédiction. Dans ce

cas, on ne demande rien d’autre aux jeunes que d’accepter cette bénédiction, même si l’engagement personnel peut se concrétiser par une participation à la vie paroissiale. C’est la conception de la paroisse de Sion.

Enfin, certaines ont adopté la nouvelle formule appliquée par l’Eglise

réformée vaudoise, à savoir un culte de fin de catéchisme aux Rameaux (où

l’on rappelle l’amour que Dieu offre à chacun) et une Fête de l’alliance à

Pentecôte (où les jeunes peuvent s’engager explicitement). C’est la pratique des paroisses de Monthey et Lavey-St-Maurice.

Le débat de samedi a montré que le Synode ne souhaite pas imposer une

pratique unique, même s’il serait opportun que la confirmation/culte de fin

de catéchisme ait lieu à une même date dans toute l’EREV, qui pourrait être

Pentecôte. Ce point devra encore être discuté, de même que la proposition

d’introduire un catéchuménat pour adultes.

Un budget difficile à établir

Suite à la mise en application le 1er août dernier de la nouvelle loi

régissant les rapports Eglise-Etat, la présentation du budget des Eglises

en Valais a dû être entièrement réaménagée. Cette loi prévoit en effet que,

si les paroisses ne parviennent pas à assurer les frais du culte, elles

peuvent demander aux communes de les y aider. De la même manière, la demande pourrait être adressée par l’Eglise cantonale à l’Etat. Cela implique

donc pour l’Eglise réformée une répartition différente des chiffres de son

budget. L’EREV se trouve ainsi dans une phase de transition qui rend très

difficile l’établissement de son budget, la comparaison avec les anciens

chiffres étant presque impossible.

Le déficit annoncé se monte à quelque 260’000 francs sur un total de

680’000 francs. Ceci sans prendre en compte l’apport des comités de secours

des autres Eglises protestantes.

L’Etat oublie d’informer l’Eglise réformée

Une commission paritaire comprenant des représentants de l’Etat, de

l’Eglise catholique et de l’Eglise réformée valaisanne a été constituée

«sur le papier» mais n’a jamais siégé comme telle. Or un modèle de plan

comptable préparé par la direction des Finances du Valais a été adressé aux

paroisses catholiques du diocèse de Sion et aux communes pour information,

mais ce document n’est pas parvenu l’Eglise réformée. Ce n’est que fortuitement que le Conseil synodal en a eu connaissance… Malgré le flou dans

lequel se sont sentis les délégués, le Synode a accepté le budget 1994,

suivant la recommandation de sa Commission de gestion.

Cette session d’automne du Synode valaisan s’était ouverte par un culte

au temple de Sion durant lequel quatre pasteurs ont été agrégés au corps

pastoral valaisan: Alfred Müller, Michel Schadt, Michel Rennes et Justin

Razanamahefa. Ainsi, pour la première fois depuis 12 ans, tous les postes

pastoraux de l’EREV sont pourvus. (apic/spp/mp)

8 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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