Rome: L’usure est un ›fléau social’ et un ›esclavage’, réaffirme Benoît XVI

Valeurs éthiques et morales au centre de l’audience générale

Rome 1er juillet 2009 (Apic) Devant quelque 14’000 fidèles réunis mercredi Place Saint-Pierre pour l’audience générale, Benoît XVI a dénoncé le «fléau social» de l’usure et a appelé l’Etat italien à aider les familles lésées par cet «esclavage».

Le pape a aussi souligné l’importance des «valeurs éthiques et morales» en politique, devant des parlementaires de la péninsule. Quelques jours après le lancement de l’Année sacerdotale, il a aussi invité à ne pas se «décourager» devant le manque de vocations à la prêtrise dans certains pays mais, au contraire, à multiplier les initiatives en vue d’obtenir de nouvelles vocations.

Au cours de l’audience générale, Benoît XVI a ainsi salué quelque 1’500 membres du Conseil national italien anti-usure, qualifiant une nouvelle fois ce phénomène de «fléau social». «Je souhaite, a affirmé le pape, que tous s’engagent de nouveau afin de contrer efficacement le phénomène dévastateur de l’usure et de l’extorsion qui constitue un esclavage humiliant». Il a aussi souhaité que l’Etat ne manque pas d’offrir «une aide adéquate et un soutien aux familles en difficulté» afin qu’elles trouvent «le courage de dénoncer ceux qui profitent de leur condition souvent tragique».

En novembre 2005, déjà, Benoît XVI avait qualifié l’usure de «fléau social déplorable». Le Conseil national anti-usure, dont le siège est situé dans la région italienne des Pouilles, est une association à but non lucratif, composée de volontaires catholiques venant en aide aux familles ou aux personnes lésées à l’occasion d’un prêt financier à un taux d’intérêt excessif et illégal. C’est seulement en 1999 que l’Italie s’est dotée d’une structure d’Etat pour combattre l’usure, souvent opérée par la mafia.

Alors que la vie privée et les mœurs du Président du Conseil italien, sur fond de divorce, agitent actuellement la scène politico-médiatique de la péninsule, le pape a aussi souhaité «souligner l’importance des valeurs éthiques et morales en politique». Benoît XVI a prononcé ces mots en italien devant les membres d’une association interparlementaire de défense de l’éthique.

En outre, au cours de sa catéchèse hebdomadaire, après avoir brièvement évoqué les «fruits spirituels» de l’Année paulinienne qui s’est achevée le 29 juin dernier, le pape est longuement revenu sur les objectifs de l’Année sacerdotale lancée le 19 juin. Benoît XVI a alors souhaité que cette année «constitue pour chaque prêtre une opportunité de renouvellement intérieur et, en conséquence, d’une solide revigoration de l’engagement de sa mission».

Benoît XVI a alors invité à prier pour que «les initiatives de prières se multiplient dans le monde entier, en particulier (…) pour la sanctification du clergé et les vocations sacerdotales». «Le nombre insuffisant d’ordinations sacerdotales, dans certains pays, a encore confié Benoît XVI, ne doit pas décourager, mais doit au contraire pousser à multiplier les espaces de silence et d’écoute de la Parole, à mieux soigner la direction spirituelle, le sacrement de la confession, pour que la voix de Dieu (…) puisse être entendue et suivie promptement par tant de jeunes».

Le pape, en outre, a invité les prêtres à s’inspirer du modèle de saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), à suivre «la figure de ce saint prêtre» pour «avancer toujours plus dans l’identification au Christ qui assure la fidélité et la fécondité du témoignage évangélique».

Au premier jour du mois de juillet, le pape a enfin évoqué la période de vacances estivales et souhaité saluer ceux qui, «pour différentes raisons, ne pourront pas profiter des vacances», espérant qu’ils ne manqueraient pas de «la solidarité et de la proximité» de leurs proches. (apic/imedia/ami/pr)

1 juillet 2009 | 15:21
par webmaster@kath.ch
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