Varsovie est ouverte aux jeunes
Varsovie: 70’000 participants pour la 22e rencontre européenne des jeunes de Taizé
Varsovie, 27 décembre 1999 (APIC) Quelque 70’000 jeunes participeront dès mardi à Varsovie à la 22e rencontre européenne des jeunes de Taizé. D’immenses chapiteaux élevés au centre de Varsovie abriteront les participants venus de l’Europe entière pour prier et échanger pendant cinq jours. Près de 300 paroisses de Varsovie et des alentours accueilleront les jeunes.
«Je me réjouis que ce soit à ce moment unique du passage vers l’an 2000 que nous accueillerons des jeunes pèlerins de tant de pays de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud. Nous voulons les accueillir chaleureusement, même si nos moyens sont limités. Varsovie leur est ouverte, les paroisses les recevront avec joie et je compte sur un échange de nos dons mutuels qui sera profitable pour tous.», écrit le cardinal Glemp, archevêque de Varsovie, dans un message de bienvenue
A Varsovie, depuis plusieurs semaines la préparation est en route. Près de trois cents paroisses vont s’ouvrir aux jeunes qui seront tous logés dans des familles. La paroisse Stanislas Kostka a mis à disposition des locaux pour le centre d’information. Cette paroisse est connue dans toute la Pologne, et même au-delà : c’est là que vivait le père Popieluszko, ce prêtre très engagé auprès des ouvriers et du mouvement de «Solidarnosc» avant d’être assassiné par les services secrets. La tombe de ce martyr est un lieu de pèlerinage pour beaucoup. Des paroisses orthodoxes et protestantes participent également à l’accueil des jeunes dans la capitale polonaise
Chaque jour les prières communes rassembleront tous les participants à 13h30 et 19h. Tous les matins, une prière aura lieu dans les paroisses, elle sera suivie d’un partage en petits groupes au cours duquel les jeunes écouteront, là où c’est possible, des personnes de Varsovie engagées auprès des autres.
Le pape Jean Paul II, le patriarche Alexis II de Moscou, l’archevêque de Canterbury, Mgr George Carey, ainsi que le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan ont adressé des messages de soutient aux participants de la rencontre.
Sous le titre «Etonnement d’une joie» le frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé écrit aux jeunes .» Si démunis soyons-nous, une des urgences aujourd’hui est de mettre la compréhension là où il y a des oppositions. […] L’Evangile porte en lui une si claire espérance et un tel appel à la joie que nous aimerions aller jusqu’au don de nous mêmes pour les transmettre auprès et au loin.
Espagne: Demande de pardon pour l’implication de l’Eglise dans la guerre civile
«La hiérarchie catholique a légitimé la guerre comme une croisade»
Madrid, 27 décembre 1999 (APIC) Trois semaines après une demande de pardon des évêques d’Espagne pour la guerre civile, un groupe de théologiens de ce pays a rendu publique une «Déclaration de pardon pour notre responsabilité dans la guerre civile espagnole». S’ils admettent que les excèès furent commis des deux côtés, les signataires reprochent à la hiérarchie de l’Eglise d’avoir pris parti à l’époque, donnant ainsi une «légitimation religieuse de la guerre comme croisade».
«L’implication de l’Eglise catholique dans la guerre civile fut évidente, surtout à cause du rôle hégémonique de la hiérarchie», pour appuyer et légitimer un groupe, affirme la déclaration. Ses signataires, des théologiens bien connus en Espagne, jugent «opportun de déplorer la légitimation religieuse de la guerre comme croisade, qui a contribué à diviser, à enflammer et à opposer plus radicalement les esprits».
La déclaration se démarque de ceux qui, d’un côté que de l’autre, ne cherchent qu’à s’attribuer des mérites, et observe qu’il ne fait pas de doute que «les excès, la cruauté, les erreurs et les fautes sont des deux côtés».
L’Eglise avait choisi son camp
Il faut noter que la demande de pardon des théologiens ne cite pas celle des évêques récemment pubilée. Intitulée «La fidélité de Dieu demeure à jamais. Regard e foi sur le XXe siècle», celle-ci implorait «le pardon de Dieu pour tous ceux qui ont été impliqués dans des actions que l’Evangile réprouve», mais sans établir qui doit particulièrement demander pardon, car cela ne contribuerait pas à la concorde et rouvrirait de vieilles blessures, avait expliqué le porte-parole de l’épiscopat.
Au moment de la publication du document épiscopal, des secteurs progressistes de l’Eglise en Espagne l’avaient jugé insuffisant. Ils reprochent notamment aux évêques de n’avoir pas demandé pardon pour la partialité de l’Eglise durant la guerre et sa complicité avec le régime de Franco. Enrique Miret Magdalena, président de l’Association de théologiens Jean XXIII, a ainsi déploré le caractère trop général du pardon demandé par les évêques. «En plus de demander pardon à Dieu, il fallait le demander aux victimes des horreurs que l’Eglise attisait», a-t-il déclaré. (apic/cip/mg/mp)



