Le pape souhaite des conversations directes avec Pékin
Vatican: Bientôt des relations diplomatiques avec la Chine ?
Rome, 13 mai 1998 (APIC) «Le pape souhaite qu’on entame des conversations directes avec la Chine pour clarifier la place qui revient à l’Eglise dans la vie publique de cette grande nation et arriver ensuite aux relations diplomatiques», déclare Mgr Jean-Louis Tauran dans une interview publiée mercredi par le quotidien romain «La Repubblica», à la veille de la clôture du Synode sur l’Asie.
Le Secrétaire pour les Relations avec les Etats – le ministre des Affaires étrangères du Vatican – affirme que le Vatican a eu «du mal à comprendre» le motif invoqué par les autorités chinoises pour refuser un visa aux deux évêques chinois que le pape avait invités au Synode, à savoir que la Chine et le Saint-Siège n’entretiennent pas de relations diplomatiques.
«Cette position ne me paraît pas défendable», dit-il: des pays n’ont pas entretenu de relations diplomatiques avec le Saint-Siège pendant des années, et cela n’a pas empêché leurs évêques de voyager librement. «C’est la liberté religieuse qui est ici en cause», lance le ministre des Affaires étrangères du Vatican.
Interrogé sur les suites du voyage de Jean Paul II à Cuba, le chef de la diplomatie vaticane considère que les dirigeants cubains sont conscients qu’un retour en arrière est «impensable». «Le pape a ouvert les portes, dit-il. Il a aidé les dirigeants cubains à envisager un nouveau chapitre de l’histoire de l’île».
L’embargo américain contre Cuba, plus que jamais difficile à justifier
On ne peut sans doute «demander un changement radical en trois mois», ajoute Mgr Tauran, mais le temps est venu de «parcourir une nouvelle voie vers la normalisation, en particulier des relations entre l’Eglise et l’Etat». A propos de l’embargo américain qui pèse toujours sur l’île, même allégé, Mgr Tauran précise que «Cuba ne peut pas être considérée comme le paria de la communauté internationale» et qu’il est «désormais difficile de justifier un tel embargo tant sur le plan moral que sur le plan juridique».
Interrogé sur d’autres préoccupations du pape, Mgr Tauran cite sans hésiter l’Afrique : «Les luttes interethniques, la soif de pouvoir, la corruption des dirigeants, la pauvreté mal combattue poussent des peuples entiers au désespoir et à la passivité», et c’est «un virus qui pourrait se propager». Mgr Tauran insiste également sur la responsabilité des Etats-Unis dans le concert des nations. «Ce pays a un grand devoir, dit-il. C’est un peu comme dans une famille: le plus grand, le plus capable, celui qui a le mieux réussi doit aider ceux qui sont plus faibles. Il doit les aimer et les faire croître, en respectant leur responsabilité et leur rythme.» (apic/cip/imedia/be)



