Rome: Vatican II a été l’objet de malentendus et d’interprétations maladroites, selon Benoît XVI
Vatican II: pas une réforme, mais un renouvellement
Rome, 6 mai 2011 (Apic) A l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique, Benoît XVI est revenu sur les «malentendus» liés à l’interprétation du Concile Vatican II (1962-1965) en matière de liturgie, dont les erreurs de perception commises à l’époque par les experts eux-mêmes. Le pape s’exprimait lors d’un congrès organisé pour célébrer ce jubilé, le 6 mai 2011, au Vatican.
Discourant sur «la mémoire», premier thème de ce congrès, le pape a demandé aux quelque 250 participants, membres de l’Institut pontifical liturgique de voir «les fruits abondants suscités par l’Esprit-Saint en un demi-siècle d’histoire, en dépit des malentendus nés de la réforme conciliaire».
Passant au second thème, celui de la «prophétie», le souverain pontife a déclaré que la liturgie de l’Eglise allait au-delà de la réforme conciliaire elle-même, dont le but, en réalité, n’avait pas été principalement de changer les rites et les textes, mais de renouveler la mentalité et de placer la célébration du «Mystère pascal du Christ» au centre de la vie chrétienne et de la pastorale.
Tradition et progrès s’intègrent
«Malheureusement, la liturgie a été perçue, y compris peut-être par nous autres pasteurs et experts, comme un objet à réformer plutôt qu’un sujet capable de renouveler la vie chrétienne. Avec les termes de ’traditio’ et de ’legitima progressio’, les pères conciliaires ont voulu remettre leur programme de réforme en respectant un équilibre entre «la grande tradition liturgique et l’avenir», a expliqué Benoît XVI.
Et de déplorer que tradition et progrès sont souvent opposés de façon maladroite, alors que les deux concepts s’intègrent. Selon lui, la tradition, réalité vivante, inclut en elle d’une certaine manière le progrès. Cela revient à dire que «le fleuve de la tradition porte aussi en lui sa source et se dirige vers son embouchure».
L’Institut pontifical liturgique
Benoît XVI a aussi évoqué la genèse de l’Institut pontifical liturgique, à l’aube du Concile Vatican II. Il estime qu’à ce moment-là, l’urgence d’une réforme dans le domaine liturgique se faisait de plus en plus sentir, notamment en raison des demandes émises par les différents épiscopats. Le pape a rappelé que la forte exigence pastorale, qui animait le mouvement liturgique, demandait que l’on favorise une participation plus active des fidèles aux célébrations liturgiques à travers l’usage des langues nationales et que l’on approfondisse le thème de l’adaptation des rites aux différents cultures, spécialement en terre de mission.
«Dès le début, la nécessité d’étudier de façon plus approfondie la base théologique de la liturgie est clairement apparue, afin d’éviter de tomber dans le ritualisme ou de favoriser le subjectivisme centré sur le célébrant et pour que la réforme soit bien justifiée dans le contexte de la Révélation et en continuité avec la tradition de l’Eglise».
C’est pour répondre à ces exigences que l’Institut pontifical liturgique, qui dépend du Collège bénédictin de saint Anselme, a été créé par Jean XXIII. (apic/imedia/cp/nd)



