Une audience centrée sur la question de Jérusalem
Vatican: Jean-Paul II reçoit le nouvel ambassadeur du Liban auprès du Saint-Siège
Vatican, 26 octobre 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a de nouveau évoqué la nécessité d’un «statut spécial internationalement garanti» pour Jérusalem, jeudi 26 octobre, en recevant au Vatican le nouvel ambassadeur du Liban auprès du Saint-Siège, Fouad Aoun, venu lui présenter ses lettres de créances.
«Jérusalem doit être un symbole particulièrement fort d’unité, de paix et de réconciliation pour toute la famille humaine!» s’est exclamé le pape, en déplorant que «la conjoncture actuelle au Moyen-Orient demeure particulièrement inquiétante». «L’établissement définitif de la paix et de la séécurité dans la région se fait toujours plus attendre et semble parfois s’éloigner, a regretté Jean Paul II.
On ne peut que constater que l’enchaînement de la violence conduit toujours à un plus grand malheur pour tous, ravivant les oppositions et rendant plus aléotoire toute perspective de réconciliation». Le pape a rappelé «les efforts accomplis par le Saint-Siège afin de contribuer à trouver une solution juste et équitable pour la Ville Sainte et notamment pour les Lieux Saints des trois religions qui y coexistent». Jean Paul II a particulièrement insisté sur l’importance d’un «statut spécial internationalement garanti».
Maintien d’une position ferme
Pour sa part, le nouvel ambassadeur a déclaré au pape que «l’opinion publique libanaise, arabe et internationale s’attend à ce que le Saint-Siège maintienne envers la Ville Sainte sa position ferme, susceptible de favoriser la recherche d’une solution juste et équitable qui renforce le droit au détriment de la force». «A l’heure où la paix paraît encore insasissable, nous souhaitons que la voix du Saint-Siège se fasse entendre et comprendre par les parties concernées, afin que ce qui est légitime soit séparé de ce qui ne l’est pas», a déclaré Fouad Aoun.
En évoquant par ailleurs le Liban lui-même, le nouvel ambassadeur a exprimé au pape la satisfaction des Libanais à la suite du retrait israélien du Sud et de la Bekaa Ouest du pays. Pour Fouad Aoun, le «climat» se prête désormais mieux à une coopération des communautés libanaises». Il a ajouté qu’un vent nouveau soufflait en faveur du changement, au lendemain d’élections législatives qualifiées par tous les observateurs d’exemplaires et démocratiques car elles se sont déroulées dans une atmosphère saine.
Développement de la démocratie
Jean Paul II de son côté, a encouragé le développement de la démocratie au Liban en insistant sur le fait que tous les citoyens doivent pouvoir participer à la vie du pays, «indépendamment de leur appartenance religieuse ou communautaire». «La consolidation de la confiance entre les communautés humaines et religieuses du pays est une condition nécessaire pour bannir la peur de l’autre et pour retrouver le goût de vivre ensemble», a-t-il affirmé. Pour le pape toutefois, le développement du Liban suppose «que le pays retrouve sa totale indépendance, une souveraineté complète et une liberté sans ambiguïté».
En encourageant la «liberté de conscience et de religion» au Liban, et un «dialogue patient et respectueux entre les composantes de la nation», le pape a encore invité les Libanais catholiques à «poursuivre avec détermination leurs efforts pour affermir des relations fraternelles avec les fidèles des autres Eglises et communautés ecclésiales ainsi qu’avec les membres des religions monothéistes, en particulier avec les musulmans».
Enfin, le nouvel ambassadeur du Liban auprès du Saint-Siège a évoqué dans son discours le projet de voyage de Jean Paul II en Syrie, envisagé pour le printemps 2001. Le pape espère en effet pouvoir se rendre à Damas après Pâques pour y commémorer la conversion de Saint Paul, dans la poursuite des «pèlerinages jubilaires» qu’il a entrepris en Egypte et en Terre Sainte à l’occasion de l’an 2000. (apic/imed/vb)




