Vatican: Mgr Sgreccia réclame une législation sur le clonage humain

«La condamnation morale ne suffit pas»

Rome, 9 janvier 1998 (APIC) Mgr Elio Sgreccia, directeur du Centre de Bioéthique de l’Université du Sacré-Coeur de Rome, a réclamé d’urgence des lois pour empêcher le clonage humain. «C’est l’un des points sur lesquels morale et droit doivent se rencontrer», affirme le vice-président de l’Académie pontificale pour la vie, après que le chercheur américain Richard Seed ait annoncé son intention d’ouvrir à Chicago un centre de clonage humain.

Mgr Sgreccia s’est exprimé au micro de Radio Vatican, de Télé-Pace et dans les colonnes de l’»Avvenire», le quotidien de l’épiscopat italien. Il dénonce un «asservissement du corps humain», une «domination de l’homme sur l’homme», qui, d’un point de vue éthique, est une «aberration». Pour lui, le droit doit empêcher de tels abus.

«La loi doit intervenir, déclare-t-il, car la condamnation morale, qui, du reste, est partagée non seulement par l’Eglise mais par d’autres, ne suffit pas. Il faut que la loi interdise cet abus

que l’homme fait contre l’homme, cet asservissement de l’image humaine du corps d’une autre personne».

Pour une «révolte des consciences»

Le prélat attend «une révolte des consciences» et des lois qui obligent à «reconsidérer en même temps le problème de la procréation artificielle in vitro, o| tout a commencé». Il faut réfléchir, dit-il, sur «les conséquences engendrées par le fait d’avoir séparé la sexualité de la procréation». Le clonage est une forme de procréation artificielle «plus grave» au regard de la morale, souligne le prélat, et, «d’un point de vue formel», il a déjà été déclaré «gravement illicite» par le document de la Congrégation de la Doctrine de la Foi «Donum Vitae» (Le don de la vie), publié en 1987.

Le bioéthicien en explique les raisons: il s’agit d’une procréation «asexuée» – en dehors de l’exercice de la sexualité – et «agamète» – sans la contribution du patrimoine génétique d’un homme et d’une femme, mais utilisant les gènes d’un seul individu, pour faire, la «photocopie» de cet individu. En plus de «l’asservissement», Mgr Sgreccia dénonce, cette fois d’un point de vue théologique, cette «espèce de volonté de remplacer le dessein de Dieu de manière arbitraire et complète, en créant un homme à sa propre image et ressemblance». (apic/cip/imed/be)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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