Le Saint-Siège rappelle ses positions concernant la Terre Sainte
Vatican: Ministre israélien de l’Intérieur en visite au Vatican
Rome, 14 septembre 2004 (Apic) Le ministre israélien de l’Intérieur Avraham Poraz, en visite au Vatican mardi 14 septembre, s’est entretenu sur la situation en Terre Sainte, la question des visas pour le personnel religieux catholique et les tractations en cours pour la signature d’un accord juridico-financier entre Israël et le Vatican.
Le ministre israélien a été reçu à Castel Ganfoldo par le pape Jean Paul II ainsi que par les collaborateurs du Souverain pontife au Vatican. Lors des entretiens entre le ministre du gouvernement d’Ariel Sharon et le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, ce sont les questions des tractations en cours pour la signature d’un accord juridico- financier entre Israël et le Vatican et la situation en Terre Sainte qui ont été abordées, a précisé Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Saint- Siège, à l’issue de cette rencontre.
Avraham Poraz était accompagné de l’ambassadeur d’Israël près le Saint Siège, Oded Ben-Hur, de son conseiller Paltiel Varon, et du directeur du département pour les relations avec les chrétiens, César Marjeh. Le cardinal Angelo Sodano était notamment accompagné de Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire pour les rapports avec les Etats.
«Les positions du Saint-Siège sur la paix, le conflit israélo- palestinien et, en général, sur la situation au Proche-Orient ont bien été notifiées au gouvernement israélien», peut-on lire dans la déclaration du directeur de la salle de presse du Vatican. Cette visite au Vatican d’un membre du cabinet israélien faisait suite à celle du chef de l’Etat d’Israël, Moshe Katsav, le 12 décembre 2002 et à celle de Silvam Shalom, ministre des Affaires étrangères, le 11 juillet 2003. Le cardinal Sodano «a proposé que la rencontre se concentre sur les questions relevant des compétences du ministre» de l’Intérieur.
Enfin une politique de visas ouverte pour le personnel chrétien ?
Le ministre israélien est revenu sur les négociations en cours entre Israël et le Saint-Siège. Ces négociations ont pour objet d’arriver à la signature d’un accord juridico-financier venant compléter et conclure l’Accord fondamental de 1994. Tout d’abord, la question des visas d’entrée en Israël pour les religieux catholiques a été soulevée par le cardinal Sodano et par ses collaborateurs.
«Le ministre a assuré avoir donné les instructions nécessaires pour une solution satisfaisante» au problème, peut-on lire dans la déclaration de J. Navarro-Valls. Il faut rappeler que le personnel religieux chrétien a connu de graves difficultés pour obtenir des visas ces dernières années. L’état d’avancement des discussions en vue de la définition du régime fiscal des institutions ecclésiastiques en Terre Sainte a ensuite été abordé.
Des négociations positives sur l’accord juridico-financier
Des négociations se sont déroulées à Jérusalem du 6 au 9 septembre 2004. Oded Ben-Hur, ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège, a souhaité rester discret ces derniers jours sur l’avancée de ces travaux qui a toutefois été jugée positive. La réouverture des négociations pour la conclusion de l’accord juridico-financier entre le Saint-Siège et Israël, rompues en août 2003, avait eu lieu le 5 juillet 2004 à Jérusalem.
Le Père David Jaegger, ancien porte-parole de la Custodie de Terre Sainte et membre de la délégation du Saint-Siège, avait qualifié cette rencontre d’avancée «cordiale». Il avait cependant relevé que les deux délégations s’étaient séparées faute de véritables pouvoirs de négociations. Pour le Saint-Siège, il s’agissait de tractations au «premier niveau». Elles avaient été conduites, pour le Saint-Siège, par Mgr Gianfranco Gallone, secrétaire de la nonciature.
Du 6 au 9 septembre, c’est le nonce Pietro Sambi qui a lui-même conduit les pourparlers qu’il a jugés «positifs». «Des points importants de difficultés demeurent sur lesquels il est nécessaire de trouver un accord avant de parvenir à la conclusion finale», a-t-il cependant souligné dans un entretien accordé au quotidien italien Avvenire, en date du 14 septembre 2004. Un des points cruciaux restant à traiter, est celui du refus par Israël d’accorder à l’Eglise un statut juridique lui permettant de défendre ses propriétés en Terre Sainte.
Si l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège a souhaité que ces négociations aboutissent avant la fin de l’année, Mgr Sambi déclare, quant à lui, «ne pas être préoccupé par le temps. Il est nécessaire que le contenu de l’accord soit clair, adéquat aux exigences de la vie quotidienne de la communauté, et ne laisse pas lieu à des contestations».
Presque tout le personnel religieux catholique a obtenu un visa
Le nonce à Jérusalem a ainsi souligné que «désormais, la presque totalité du personnel religieux catholique a obtenu un visa. Mais il est cependant nécessaire de mettre au point des mécanismes pour éviter que chaque année, au moment du renouvellement des visas, nous nous retrouvions dans une telle incertitude. Il serait nécessaire que des normes écrites introduisent un certain automatisme».
Par ailleurs, Mgr Pietro Sambi qui, de sources diplomatiques, a organisé la venue du ministre de l’Intérieur israélien au Vatican, a souligné que la paix en Terre Sainte «est encore un objectif lointain». Le nonce à Jérusalem estime pour le moment ne pas pouvoir «exprimer de jugement sur l’efficacité» du projet du retrait israélien de Gaza. «Il faut attendre que le projet devienne opérationnel», souligne Mgr Sambi, rappelant que le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, se trouve en minorité à la Knesset.
Le nonce a encore rappelé, au cours de son entretien avec le journal italien, la situation très difficile des chrétiens en Terre Sainte, contraints d’émigrer face à la «l’instabilité politique et économique».«Les chrétiens sont pris en étaux entre les juifs et les musulmans», explique le diplomate du Vatican, mais «leur présence est essentielle». Il a alors rappelé la nécessité de relancer les pèlerinages chrétiens en Terre Sainte.
La peur a bloqué les pèlerinages depuis la seconde intifada
«Depuis le 28 septembre 2000, date du début de la seconde intifada, les juifs du monde entier ont démontré une grande solidarité avec les juifs d’Israël et les musulmans ont fait de même envers les musulmans d’ici. La peur a bloqué les pèlerinages», explique le représentant du Saint-Siège en soulignant qu’en sept ans d’exercice, il n’a jamais vu un pèlerinage chrétien connaître de difficultés. Les négociations entre le Saint-Siège et Israël en vue de la conclusion d’un accord financier, reprendront à Jérusalem au mois d’octobre, après les fêtes du nouvel an juif. (apic/imdia/hy/be)



