Ouverture des travaux de l’Académie pontificale pour la vie
Vatican: Rome condamne les programmes de l’ONU pour l’avortement et la contraception
Rome, 13 février 2000 (APIC) Le Saint-Siège condamne les programmes des agences de l’Organisation des Nations unies qui font la promotion de la contraception et de l’avortement, a rappelé une nouvelle fois le Vatican à l’occasion de l’assemblée plénière de l’Académie pontificale pour la vie, sur le thème de l’encyclique de Jean-Paul II «l’Evangile de la Vie».
Le Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Jean-Louis Tauran, a répété la position de l’Eglise catholique en la matière en ouvrant le 11 février au Vatican les travaux de l’assemblée plénière de l’Académie pontificale pour la vie, consacrée à la portée de l’encyclique «l’Evangile de la Vie» dans la société actuelle, cinq ans après sa publication le 30 mars 1995.
La surpopulation mondiale, «une crainte sans fondement»
Les «menaces contre la vie humaine» – et en particulier les programmes en faveur de la contraception et de l’avortement – sont aujourd’hui revendiqués comme des «droits», a déploré Mgr Tauran, alors qu’ils étaient présentés comme des nécessités il y a quelques années encore à cause des craintes d’une croissance excessive de la population humaine par rapport aux ressources de la planète. Ces craintes étant aujourd’hui reconnues comme sans fondement, a affirmé l’archevêque, c’est maintenant la «liberté des individus sur leur propre corps» qui est invoquée, pour justifier une éducation sexuelle orientée vers la contraception et l’avortement.
Des conférences internationales aux conséquences néfastes
Dans ce domaine, les conférences internationales organisées par l’ONU comme la Conférence sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire du 5 au 13 septembre 1994, et celle sur les femmes qui a eu lieu à Pékin du 4 au 15 septembre 1995 – ont aujourd’hui des conséquences importantes, selon Mgr Tauran.
Leur premier effet est d’émettre des suggestions et des propositions générales visant à «créer ou confirmer des tendances qui vont ensuite influencer les décisions de politique générale des pays individuels», a expliqué l’archevêque. Ainsi, au cours de la conférence qui s’est tenue du 30 juin au 2 juillet 1999 à New York pour réévaluer le «programme d’action» adopté lors de la Conférence du Caire cinq ans auparavant, des pressions ont eu lieu pour introduire l’expression «contraception d’urgence».
Au même moment, la pilule RU 486 était autorisée sous le nom de Mifegyne dans plusieurs Etats européens. Déjà commercialisée en France, en Grande-Bretagne et en Suède, autorisée le 6 juillet 1999 en Allemagne, elle était acceptée les jours suivants par les autorités médicales belges.
Le deuxième effet des conférences internationales des Nations unies, a poursuivi Mgr Tauran, est leur influence sur les agences et les institutions internationales. «Tous les efforts de développement des Nations unies portent maintenant l’empreinte des conférences du Caire et de Pékin», a indiqué l’archevêque. «Les principes en vigueur des plans d’action de ces conférences sont proposés dans des conseils, dans des contrats de coopération et sous des formes variées d’assistance, offertes à la fois aux gouvernement et à des institutions privées».
Suppression de la contribution du Saint-Siège à l’UNICEF
Le «ministres des Affaires étrangères du Vatican» a ainsi mis en garde contre certains programmes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui ont pour but de «développer la technologie de la contraception et de l’avortement», surtout depuis le changement de sa direction en 1998. Il a également déploré que l’UNICEF ait elle aussi «lancé parfois des programmes de contraception et d’éducation sexuelle» contraires aux principes catholiques, au point que le Saint-Siège a supprimé la contribution symbolique qu’il lui apportait auparavant.
Une nouvelle internationale
Enfin, Mgr Tauran a condamné les «services de santé reproductive d’urgence» proposés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pendant la guerre civile au Rwanda avec l’accord de la Croix Rouge – ou encore pendant la crise du Kosovo. Il a par ailleurs signalé l’existence d’»alliances stratégiques» entre les agences internationales elles-mêmes, grâce auxquelles les groupes défendant ces positions deviennent aujourd’hui de plus en plus influents politiquement et économiquement.
Déplorant d’autre part qu’»en ce qui concerne le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, il est tristement considéré comme admis que l’accès à l’avortement est un droit acquis, bien que les législations dans certains pays Malte et l’Irlande ne le permettent pas», Mgr Tauran a rappelé qu’il existe des déclarations et des conventions juridiques qui garantissent les droits des enfants dès leur conception. «Les instruments juridiques internationaux, a-t-il enfin signalé, contiennent malgré leurs limites des principes auxquels les citoyens peuvent faire appel pour demander aux Etats une plus grande protection de la vie humaine». (apic/imed/be)



