Les coeurs s’ouvrent davantage dans un lieu de pèlerinage
Vaud: 140 prêtres et agents pastoraux laïcs en session pastorale à Lourdes
Jean-Brice Willemin, responsable de l’information catholique en Pays de Vaud
Lourdes, 21 février 2006 (Apic) Près de 140 prêtres et laïcs engagés à plein temps au service de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud font exceptionnellement un pèlerinage-retraite depuis le 20 février à Lourdes. Pendant quatre jours, ils vont suivre les prédications de l’abbé Bernard Miserez, vivre des cérémonies et partager des moments de convivialité et leurs engagements pastoraux.
A la fin de la première journée, les conversations étaient plutôt enjouées. « J’ai ici des copains dont je ne peux pas blairer leur manière de faire Eglise et je suis content d’avoir entendu notre prédicateur jurassien proposer de monter un étage au-dessus nos différences», a bien résumé un prêtre au souper. C’est justement dans ce but que Mgr Rémy Berchier, responsable de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud, a encouragé l’organisation de cette session annuelle dans ce haut lieu de pèlerinage marial. «Ici, le terrain est propice au détachement, au retour sur soi. Notre coeur peut devenir plus ouvert», a-t-il expliqué dans son homélie à l’ancienne basilique du sanctuaire.
Ce message fraternel, Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne Genève et Fribourg, l’a également transmis par lettre à chacun des pèlerins: « Que cette session renforce vos liens d’amitié, que par la vie communautaire et la prière à la Grotte de Masabielle, le corps des agents pastoraux vaudois, en communion avec tous ceux du diocèse, forme une véritable famille, témoin de l’Amour infini du Christ pour son Eglise que nous servons.»
Se laisser questionner
Pour y arriver, Béatrice Vaucher, responsable du Centre vaudois de formation permanente, a organisé la session en mêlant harmonieusement temps de prédication, de recueillement et des plages de temps libre pour favoriser les rencontres. «On ne se voit pas assez dans la vie courante, et cette session de ressourcement – une année sur deux, c’est un temps de formation – peut permettre de se laisser questionner par les conférences et les rencontres avec les confrères ou consoeurs.»
L’abbé Bernard Miserez a expliqué le personnage de Nicodème. «Déjà son nom, en grec, ça veut dire peuple victorieux. A ce notable juif, qui, par peur, vient voir Jésus de nuit, Jésus propose de renaître, de passer de la peur à la foi.» Pour le conférencier, ce personnage nous ressemble dans notre peur d’être montré du doigt, notre crainte de constater l’affaiblissement de l’affirmation chrétienne.
Sortir des clivages traditionnels
Après la première journée, le Jurassien, depuis peu curé du secteur paroissial de Belfort en France voisine, a apprécié la qualité d’écoute de son auditoire. «Par ma recherche à sortir des clivages traditionnels parmi les prêtres et laïcs, j’ai vu de la curiosité dans les regards. Nous devons apprendre à faire Eglise avec nos points de vue différents, sources de tensions, car Dieu a différentes façons de parler aux hommes.» (apic/jbw/bb)




