Légère hausse des salaires et allocations familiales
Vaud: Assemblée générale de la Fédération des paroisses
Jean-Brice Willemin, responsable de l’information de l’Eglise catholique en Pays de Vaud
Lausanne, 8 décembre 2006 (Apic) Les laïcs salariés par l’Eglise catholique dans le canton de Vaud bénéficieront l’année prochaine d’une hausse de 1,5% et d’allocations familiales de 50 francs par enfant. De leur côté, les prêtres installés dans le canton verront leur rémunération progresser de 1,4%.
L’Assemblée générale des paroisses catholiques du canton de Vaud réunie mercredi 6 décembre à Lausanne a ainsi approuvé les propositions de son comité dans le cadre d’un budget 2007 légèrement déficitaire (1%) et adopté à l’unanimité.
Pour cette assemblée générale d’hiver consacrée traditionnellement au nouveau budget, la Fédération des paroisses du canton de Vaud présidée par Jean-Marie Brandt a accueilli Eric Golaz, chef du Service des communes et relations institutionnelles, accompagné de sa collaboratrice en charge des futures lois Eglises-Etat. Le représentant de l’Etat a fait part de son espoir qu’elles seront discutées par le Grand conseil d’ici la fin de l’année pour entrer en vigueur au début de 2007.
Dans la foulée, des conventions financières entre Etat, Eglise catholique et Eglise réformée vont être provisoirement conclues pour ces deux prochaines années. Elles maintiennent le statu quo financier inégal entre les deux Eglises, mais Eric Golaz a promis devant l’Assemblée générale que «l’Etat fera son possible pour qu’un rééquilibrage soit trouvé» au profit des catholiques vaudois. Les nouvelles lois prévoient en effet l’égalité entre les deux Eglises historiques. «Dans le cadre d’un accroissement de la collaboration oecuménique, un rééquilibrage des forces humaines et des moyens financiers s’impose», a fait valoir le secrétaire général Jean-Philippe Gogniat.
Geste pour les familles
La Fédération des paroisses peut toujours compter sur 22,5 millions de francs de subsides de l’Etat (36 millions pour l’Eglise évangélique réformée), ce qui la contraint à tenir un budget serré, avec 247’000 francs de déficit. La hausse de la rémunération des prêtres s’inscrit dans le cadre de la revalorisation de leur traitement selon le nouveau statut diocésain: 75’000 francs brut/an dès 2008 (74’000 francs dans le budget 2007). Les laïcs obtiendront une augmentation de l’échelle de traitement de 1,5% et bénéficieront désormais d’allocations familiales complémentaires de 50 francs versés pour chaque enfant jusqu’à 25 ans révolus s’il est encore en formation.
«Ces hausses ont été passées au peigne fin par le comité. Ce dernier doit prendre en compte les charges salariales peu compressibles de la Fédération des paroisses, représentant 81% du budget 2007», a expliqué le trésorier Jacques-Michel Lechartier.
Jean-Pierre Hocké s’exprime sur les réfugiés
A l’issue de la partie statutaire, le Vaudois Jean-Pierre Hocké, ancien Haut-commissaire aux réfugiés pour l’ONU, a été invité à s’exprimer sur le thème: «De l’Etat de droit à l’Etat d’exception: nos démocraties en danger». Il a relevé que la récente adoption par le peuple suisse des deux lois sur les réfugiés et les étrangers fissure le droit humanitaire et viole trois traités signés par notre pays: la Convention de Genève, la convention européenne des droits de l’homme et la convention de l’enfant.
Jean-Pierre Hocké a invité les citoyens suisses à réagir. «C’est un devoir quand le pouvoir dérape.» Il a cité en exemple le peuple américain qui vient de changer de majorité parlementaire, entraînant un tournant radical de la politique des Etats-Unis dans sa guerre en Irak et ses interventions au Proche-Orient. «Mais comment nos parlementaires fédéraux ont-ils donc pu élaborer des lois contraire au droit?», a demandé un curé de paroisse au conférencier. «Nous n’avons pas de Cour constitutionnelle en Suisse pour évaluer nos lois, contrairement à toutes les démocraties du monde et notamment aux Etats-Unis», a répondu Jean-Pierre Hocké. La responsabilité des citoyens suisses est donc considérable, ce qui explique que les Eglises se soient pareillement mobilisées contre ces deux lois finalement acceptées le 24 septembre dernier. (apic/com/bb)



