Les femmes sont plus croyantes et prient plus que les hommes. Ici lors de la messe des JMJ de Fribourg en 2015. (Photo: Pierre Pistoletti)
Suisse
Les femmes sont plus croyantes et prient plus que les hommes. Ici lors de la messe des JMJ de Fribourg en 2015. (Photo: Pierre Pistoletti)

Vaud: les femmes plus croyantes que les hommes

05.08.2017 par Bernard Hallet avec 24heures

Les femmes sont plus croyantes et prient plus que les hommes dans le canton de Vaud, comme en Suisse. La tendance n’est pas nouvelle mais les statistiques ne l’expliquent pas. Le quotidien vaudois 24heures présente un kaléidoscope d’interprétations du phénomène dans son édition du 5 août 2017.

Les chercheurs ont des hypothèses sur le sujet mais aucune étude approfondie ne l’explique de manière définitive, explique le sociologue des religions Jörg Stolz, dans les colonnes du quotidien vaudois. Les chiffres sont là: 43,5% des femmes vaudoises croient en Dieu (47,6% en Suisse) alors qu’ils sont 40,1% d’hommes dans le canton de Vaud (43,9% en Suisse).

Les femmes sont plus croyantes que les hommes à 50,5% contre 42,6% de la gente masculine vaudoise. 38,5% des femmes en Suisse se considèrent comme “empruntes de spiritualité”, selon le questionnaire de L’Office fédéral de la statistique (OFS), ils sont 28,9% chez les hommes dans le même cas.

Question de physiologie, de chromosomes, d’évolution des mœurs. Explication culturelle, sociétale, etc. Plusieurs chercheurs, spécialistes et personnalités romandes donnent leur point de vue sur le sujet. Jörg Stolz explique cette tendance par le fait que les personnes âgées ont davantage la foi, les femmes vivant en moyenne plus longtemps que les hommes, elles seraient donc plus croyantes. Il évoque le monde du travail plus rationnel et sécularisant où les hommes étaient jusque-là plus nombreux que les femmes.

Pudeur masculine?

“Les femmes sont peut-être simplement davantage prêtes à parler de ce qu’elles espèrent, ce qu’elles vivent”, analyse Elisabeth Gangloff-Parmentier, vice-doyenne de la Faculté de théologie de Genève. Les femmes auraient moins de retenue à partager leur croyance, ajoute de son côté Ariane Baehni, pasteure à Vallorbe. Les hommes sont plus pudiques quand il s’agit d’exprimer leurs sentiments sur la question.

Suzette Sandoz, engagée dans le synode réformé, n’est pas surprise par ces statistiques. Elle se dit en effet convaincue que cela concerne le fait que la femme donne la vie et qu’elle est donc partie liée à un mystère. “Elle admet [la femme] plus facilement des choses qui ne peuvent pas s’expliquer entièrement par la raison. (…) C’est une femme qui a donné naissance au Christ, Joseph s’est montré admirable, mais il a été un peu exclu”, ajoute-t-elle.

Formation des enfants

L’abbé Christophe Godel, vicaire épiscopal de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud, y voit les effets du retour des parents à la religion à travers le parcours de formation religieuse de leurs enfants. Parcours dans lesquels s’impliquent en grande majorité les mamans. Autre hypothèse, pourtant vérifiée sur le terrain: le bénévolat où les femmes sont plus nombreuses dans les visites et l’accompagnement tandis que les hommes siègent dans les Conseil de paroisse et s’activent à l’entretien des bâtiments.

L’héritage culturel d’une société qui plaçait les femmes à la maison, les dédiant à la maternité et à l’église où elles cherchaient du sens, explique l’humoriste Marina Rollman. La société religieuse d’il y a quelques décennies ne laissait pas le choix aux femmes: “Se mettre en dehors de l’Eglise et de la croyance n’était pas bon pour le marché conjugal ni pour l’intégration sociale”, analyse-t-il.


Même tendance à l’échelle mondiale

Les données sont extraites d’une enquête menée par l’OFS en 2014 auprès de 13’700 Suisses, parmi lesquels 1200 Vaudois avec une marge d’erreur de 2 à 4%. Une tendance confirmée dans les six grandes religions mondiales à partir de données récoltées dans 192 pays où les sondages ont démontré que les femmes sont plus engagées religieusement, spécialement dans le christianisme. Là non plus, les statistiques ne donnent pas d’explications définitives sur cette tendance. (cath.ch/24heures/bh)


Selon une étude réalisée en 2016 par l’OFS, les femmes sont plus nombreuses à croire à la vie après la mort, aux anges ou êtres surnaturels et que les guérisseurs ont des pouvoirs.


"La messe est une prière par excellence", a affirmé le pape. | © Flickr/Mazur/catholicnews.org.uk/CC BY-NC-SA 2.0

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