L’Eglise n’est pas une entreprise commerciale

Vaud: L’Assemblée de la Fédération des paroisses catholiques adopte le budget 2001

Lausanne, 10 décembre 2000 (APIC Les membres de la Fédération des paroisses catholiques du canton de Vaud – réunis en assemblée générale extraordinaire mercredi 6 décembre au Centre de La Longeraie à Morges – ont renouvelé leur confiance, sans hésitation, aux gestionnaires financiers de leur Eglise. Ils ont unanimement adopté le budget 2001, annoncé légèrement bénéficiaire malgré les démarches d’économie du canton. La séance a été suivie par un exposé du professeur Roland Campiche sur la relation entre les Eglises et l’Etat.

Le président Bruno Vocat a annoncé la couleur sans détour: «Vaud: L’Assemblée de la Fédération des paroisses catholiques adopte le budget 2001». Rappelant d’abord les constantes fondamentales du comité dans l’établissement du budget, il a ensuite attiré l’attention de l’assemblée sur la démarche d’économie de l’Etat de Vaud (objectif 9% par rapport au budget 1995) sachant que l’essentiel des recettes de la Fédération proviennent de celui-ci. «Si l’Etat nous contraint à atteindre cette cible, cela pourrait entraîner une diminution drastique de nos recettes (…) lors du bouclement de l’exercice 2001. Compte tenu du futur statut constitutionnel des Eglises, dont les discussions sont en cours au sein de la Constituante, c’est le futur immédiat! Tous les scénarii doivent être envisagés. Face à ces incertitudes, la prudence s’’impose», a-t-il prévenu.

Adaptation de la masse salariale

Mais, qui dit politique budgétaire – pour un budget dont plus de 80% des dépenses représentent des salaires – dit aussi politique salariale. Et, Bruno Vocat de déclarer: «L’indexation automatique n’existe plus, ni dans le privé, ni dans le secteur public, ni à la Fédération». Ceci explique le système, «ni condescendant, ni paternaliste» proposé à l’assemblée depuis 1999, de distribuer une partie des excédents de recettes de l’exercice écoulé sous forme de primes aux salariés, prêtres et laïcs. Si les comptes 2000 se révèlent positifs, le comité suggérera une nouvelle fois une prime «probablement même supérieure à celles versées précédemment», a ajouté le président.

L’adaptation du tarif kilométrique n’a pas fait l’objet d’une quelconque objection. Dès janvier 2001, cette indemnité passera de 50 à 60 centimes, étant entendu que chaque paroisse adaptera en conséquence les compléments versés aux prêtres et laïcs exerçant un ministère paroissial. A toute bonnes nouvelles pour le porte-monnaie s’est ajouté le résultat très satisfaisant d’un inventaire portant sur les ressources financières des paroisses et missions linguistiques vaudoises, présentées et commentés par le secrétaire général Jean-Philippe Gogniat. L’adoption du budget 2001 a donc été rapide et unanime.

Après attributions, le budget prévoit un petit excédent des produits de 32’100 francs, le total des charges s’élevant à 11’180’400 francs et celui des produits à 11’212’500 francs. «Contrairement à certaines idées reçues, la grande part attribuée à la pierre a diminué très fortement», a relevé le trésorier Gebhard Sager. Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’approbation des comptes 2000, le 6 juin prochain.

Relations entre les Eglises et l’Etat

A l’issue de la partie statutaire, les membres de la Fédération des paroisses catholiques ont écouté l’exposé du professeur Roland Campiche, directeur du Bureau romand de l’Institut d’éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) sur le thème: «Les relations entre les Eglises et l’Etat en modernité tardive». A la lueur des travaux actuels de la Constituante vaudoise, il a présenté ce problème commun à tous les pays d’Europe – même à la Chine – en listant d’abord les avantages et les inconvénients d’une séparation Eglises/Etat. «Même si les études menées jusqu’ici arrivent à la conclusion qu’il faut maintenir le lien, cela n’est pas la question opportune à poser. Il est nécessaire historiquement de faire la différence entre l’idéologisation et l’idéalisation, d’autant plus que l’idée d’une séparation date du 19ème siècle. Aujourd’hui, le rôle de l’Etat est de réguler les rapports entre les différentes religions car il y a pluralité des mouvements (…) ce qui peut expliquer ses hésitations», a-t-il affirmé.

Pour Roland Campiche, «les croyances se reconfigurent, également en Suisse et le canton de Vaud n’y échappe pas. Il faut donc tenir compte des mutations de la civilisation religieuse durant ces 30 dernières années. L’établissement d’une situation plurielle et pluraliste, le phénomène des migrations, le développement de l’individualisme et la fin de la civilisation paroissiale sont d’actualité. Encore faut-il se méfier de la confusion juridique et sociologique, lorsque certaines personnes tentent d’imposer la religion comme étant devenue une affaire privée». Pour Roland Campiche, le terme de «privatisation» est absolument à écarter pour la discussion entre les Eglises et l’Etat».

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Rome: Jean Paul II confirme l’élection du patriarche grec-melkite catholique Grégoire III.

Rome, 10 décembre 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a confirmé l’élection du nouveau patriarche d’Antioche de l’Eglise greque-melkite catholique, Loutfi Laham, qui a pris le nom de Grégoire III, en lui concédant la «communion ecclésiastique» par une lettre publiée le 9 décembre.

C’est pour remplacer le patriarche Maximos V Hakim, qui s’est retiré pour raison d’âge – il a 92 ans – et de santé, que Loutfi Laham a été élu le 29 novembre dernier par le synode de l’Eglise grecque-melkite catholique, rassemblé à Charfet au Liban. Dès le lendemain, Grégoire III demandait au pape cette «communion ecclésiastique». Dans sa réponse positive, signée le 5 décembre, Jean Paul II a rendu hommage aux «antiques traditions spirituelles et liturgiques» de l’Eglise grecque-melkite. Celle-ci compte aujourd’hui cinq diocèses en Syrie, sept au Liban, un en Jordanie et un en Israël, et d’autres au Brésil, aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique et en Australie pour un total, selon les estimations, de 1,2 à 1,7 million de fidèles.

Loutfi Laham est né le 15 décembre 1933 à Daraya, dans l’archiéparchie de Damas des Grecs-melkites. Ordonné prêtre le 15 février 1959, puis évêque le 27 novembre 1981, il a été pendant dix-neuf ans vicaire patriarcal à Jérusalem, avant d’élu patriarche. Il résidera désormais à Damas en Syrie. (apic/imed/bb)

10 décembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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