Les Eglises et la Communauté juive en désaccord avec la décision

Vaud: Le gouvernement lève le moratoire face aux requérants d’asile déboutés

Lausanne, 20 mai 2005 (Apic) Le conseiller d’Etat vaudois Jean-Claude Mermoud a annoncé le 20 mai qu’il levait le moratoire sur les mesures de contrainte, sauf pour les femmes kosovares isolées. «Les personnes qui ne s’inscrivent pas s’exposent à un renvoi sous contrainte», a-t-il affirmé. Ce durcissement est dénoncé par les Eglises catholique, réformée et la communauté israélite, inquiets face à l’avenir des requérants déboutés.

Dans une prise de position commune, les responsables des trois communautés expriment leur désaccord face à la levée du moratoire sur les renvois forcés. «Notre vive réaction est en proportion des attentes que nous avions placées dans les résultats du Groupe d’analyse», lancent-elles. «Nous avons toujours condamné le recours aux mesures de contrainte, en particulier à l’égard des ’523’. Le maintien de ces mesures vide de leur contenu plusieurs propositions reprises aujourd’hui par le Conseil d’Etat. Ainsi, la charte de parrainage stipule explicitement qu’il s’agit des retours volontaires : Comment pourraient-ils l’être sous la menace de mesures de contrainte?», affirment les communautés catholique, réformée et israélite.

«Placés en face des décisions du Conseil d’Etat, des hommes et des femmes vont se retrouver dans les conditions humaines de plus en plus préoccupantes», soulignent les responsables religieux, qui réaffirment leur «volonté de maintenir et renforcer le dialogue avec les autorités».

Le moratoire n’a pas favorisé les départs

Le conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud a tiré un bilan négatif du moratoire adopté par le gouvernement vaudois. «Cette suspension n’a pas favorisé les préparatifs au départ», a-t-il affirmé devant la presse. Seules quatre personnes ont quitté la Suisse depuis le début de l’année: deux volontairement et deux sous contrainte. Vingt personnes étaient parties en automne, avant le moratoire. La levée du moratoire a été prise par le Conseil d’Etat à 4 voix contre 3. Les élus de gauche ont annoncé qu’ils rompaient la collégialité. (apic/com/ag/bb)

20 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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