Non à l’Assemblée des prêtres et à la Commission du temporel
Vaud : Les prêtres réunis pour déterminer leurs structures et participer à la planification
Lausanne, 12 février 2003 (APIC) Le clergé vaudois a récemment refusé de créer une nouvelle structure interne, qu’il avait prévu d’appeler «Assemblée des prêtres», ainsi qu’une «Commission du temporel». La décision s’est prise par vote à bulletin secret. Le processus était en route depuis trois ans déjà, sous la responsabilité d’une équipe de cinq constituants. Avec les autres agents pastoraux, les prêtres vaudois ont également pris connaissance du projet de planification pastorale diocésain.
Il faut remonter à 1999 pour comprendre l’origine du projet, communique le 12 février le vicariat épiscopal à Lausanne. A ce moment-là, il était question de changements dans le statut matériel des prêtres. Et ce, en raison du résultat alors hypothétique des travaux de la «Constituante», précédant la future et nouvelle Constitution cantonale. Le clergé vaudois avait ainsi souhaité la création d’un «outil», afin d’être partenaire des décisions le moment venu.
Des questions avaient également été débattues au sein du Conseil presbytéral. Un manque de circulation, entre les différents organismes où les prêtres étaient représentés, ainsi qu’un manque de transmission et de débat entre les prêtres eux-mêmes avaient par ailleurs été constatés. Il y avait donc lieu de «fédérer» les organismes pour un meilleur travail. En résumé, ce sont ces intentions qui ont été confiées à une équipe de constituants. Deux documents ont été préparés, présentés et soumis en première lecture, à savoir «l’Assemblée des prêtres», organisme fédérateur des représentations de prêtres, et «la Commission du temporel», organisme existant, mais revu et corrigé.
Non à une structure «de plus» !
Le clergé vaudois s’est penché le 4 février sur ces deux documents, en présence de Mgr Bernard Genoud et de Mgr Pierre Bürcher, mettant en lumière toute une série de questions. «Une Assemblée de ce type peut-elle être admise en Eglise au sens du Code civil? Les prêtres doivent-ils en faire partie d’office et/ou peuvent-ils y adhérer de leur propre gré, s’ils le désirent? Le Conseil épiscopal veut-il de cette Assemblée nouvelle»? En plénum, l’évêque diocésain a demandé à plusieurs reprises si tous les moyens étaient déjà épuisés, s’il n’était pas possible d’adapter, voire de renforcer les structures existantes plutôt que de créer une assemblée «de plus». ” Nous souhaitons tous que le clergé vaudois soit heureux, a dit Mgr Bernard Genoud. Nous avons tous le désir du mieux, de la détente et de la convivialité».
Après quelques interruptions de séance, c’est au vote à bulletin secret que la question a finalement été tranchée. Les prêtres avaient le choix entre deux propositions: soit accepter le projet d’une «Assemblée», tel que présenté par les constituants, étant alors concédé qu’ils en feraient partie d’office; soit préférer la position du Conseil épiscopal, à savoir notamment que la communication et la coresponsabilité entre les instances déjà existantes soient améliorées. Au final, c’est la seconde proposition qui a été retenue à une courte majorité. Et les évêques de conclure: «Merci aux constituants pour leur investissement énorme», a déclaré Mgr Pierre Bürcher. Quant à l’évêque diocésain, réitérant lui aussi sa gratitude pour le travail accompli, il a clos le débat par ces mots: «Les constituants ont joué un rôle de sourciers en révélant des espérances cachées. Beaucoup de questions ont pu être clarifiées et dialoguées. Reste maintenant à les réaliser, dans la confiance et la coresponsabilité, en utilisant à meilleur escient encore les lieux existants «.
Une petite commission ad hoc doit concrètement assurer le suivi de celles-ci, d’ici au 25 mars en tout cas, qui sera la date de la traditionnelle «Journée du clergé vaudois».
Planification pastorale pour tous
Lors de cette même journée, le Vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Rémy Berchier, a «repris les commandes» devant une assemblée élargie. Aux prêtres sont en effet venus s’ajouter les diacres et agents pastoraux laïcs pour un échange autour de la planification pastorale diocésaine. Rappels de base (AD 2000, Options Pastorales Préférentielles…), état de la situation, avancée des travaux, réflexion en groupes, etc. Les informations, les plus complètes possible, ont été transmises aux participants.
Bien qu’ayant démarré son travail en septembre 2002, la Commission de planification pastorale diocésaine a déjà fixé neuf objectifs: réaliser la pastorale territoriale de base dans le cadre d’unités pastorales et former des équipes pastorales capables de travailler en commun; développer – en particulier pour la préparation aux sacrements – une pastorale évangélisatrice; organiser la pastorale des jeunes sur une base régionale et promouvoir la pastorale des jeunes adultes; développer des lieux d’écoute de la Parole et former des petites communautés qui vivent cette écoute de façon engagée; mettre sur pied des formes de prière diversifiées; organiser en synergie les sources d’information religieuse et être présent dans les médias; élaborer une politique du personnel et revoir la définition et l’articulation des ministères au sein du Peuple de Dieu et avec lui; répartir les tâches avec les missions linguistiques; promouvoir et créer enfin des lieux forts de rayonnement, d’identification et de spiritualité.
Vers une mise en place par étapes
Vaste programme concret sur lequel les prêtres, diacres et agents pastoraux laïcs vaudois ont réfléchi ensemble et proposé des pistes, dans le but d’améliorer précisément ces neuf objectifs et de permettre raisonnablement leur mise en place par étapes.
A l’issue des travaux de groupes, la plupart ont regretté le manque de temps pour cet exercice nouveau. Mais, chacun a pu au moins faire entendre sa voix. Ce qui semblait le plus important. Parmi les principaux points d’attention et autres propositions formulés, relevons le souhait de «susciter des équipes pastorales qui promeuvent la paix et la justice»; la nécessité de «prendre tout le temps nécessaire pour accompagner les personnes»; la possibilité de «renoncer à d’anciennes tâches, au profit de nouvelles priorités mieux adaptées»; le souci de «ne pas engendrer de stress supplémentaire»; le besoin «d’évaluer les forces avant de fixer les objectifs» ou encore la volonté «d’avoir une ecclésiologie commune».
La planification à un stade embryonnaire avancé
Sur un ton rassurant, Mgr Rémy Berchier, par ailleurs enthousiasmé par les remontées résolument tournées vers l’avenir, a apporté quelques éléments de réponse: «Bien sûr que nous allons prendre le temps qu’il faut. L’accompagnement est prévu pour les futures équipes pastorales. Les missions linguistiques sont une force évidente, nous travaillerons en grande collaboration avec elles. Nous tenons compte de ce qui existe, par exemple la Commission a beaucoup étudié le modèle vaudois de l’EAP». Et, le Vicaire général de conclure: «Nous en sommes à un stade embryonnaire avancé. Mais une consultation encore plus large est nécessaire. D’ici à la fin de l’année, elle sera effectuée. Enfin, le premier Forum diocésain – autre suite concrète d’AD 2000 – aura lieu le 4 octobre prochain à Genève. Il sera consacré au thème de la planification pastorale». (apic/jcz/bb)



