Vaud: Réformés, catholiques et juifs parrainent les réfugiés déboutés

Les «523» sont encore 270 à chercher une solution d’avenir

Lausanne, 7 septembre 2005 (Apic) Les Eglises réformée et catholique du canton de Vaud ainsi que la Communauté israélite ont mis en place depuis cet été une structure de soutien pour les réfugiés déboutés. Elles parrainent les quelque 270 ressortissants d’ex-Yougoslavie, membres du groupe des 523, pour les aider à «chercher une solution d’avenir».

«Cette initiative répond concrètement à la Charte de parrainage avec tous les requérants d’asile déboutés, avalisée officiellement par le Conseil d’Etat le 20 mai dernier», informent les trois communautés religieuses dans un communiqué commun diffusé le 7 septembre. Par ailleurs, les «Maisons des migrations des Eglises n’ont jamais accueilli autant de réfugiés déboutés», soutiennent les initiateurs de l’action de parrainage.

Actuellement, 49 chartes de partenariat solidaire ont été conclues par des chefs de famille de réfugiés. Chaque parrainage est cosigné par deux parrains: d’une part, un pasteur, un prêtre ou un responsable d’église, d’autre part, un élu politique du canton. Les duos de parrains suisses aident les requérants déboutés dans leurs démarches administratives avec le Service de la population de l’administration cantonale. Les parrains ou marraines les sortent de leur isolement dans le cadre d’une aide au retour dans leur pays ou d’une prolongation de leur séjour en Suisse.

Contradiction

«Tout en observant avec satisfaction que ces parrainages sont soutenus par l’Etat, les trois communautés religieuses dénoncent les mesures de contraintes infligées par les forces de police à des réfugiés déboutés», annonce leur communiqué. Elles dénoncent notamment le fait que «trois pères de famille faisant partie du groupe des 523 ont été arrêtés et traités de façon indigne, contraignant leurs épouses et enfants à se réfugier dans les refuges des Eglises. Ces dernières perçoivent ces méthodes comme des moyens de pression pour forcer les chefs de famille à accepter un retour dans leur pays d’origine».

Pour l’Eglise évangélique réformée, l’Eglise catholique et la Communauté israélite, «cette manière d’agir de l’Etat est en contradiction avec les principes moraux de notre Etat de droit». Les trois communautés se réjouissent tout de même «de constater qu’une nouvelle résolution pourrait bientôt être déposée au Grand Conseil par un groupe politique. Si ses propositions sont soutenues par une claire majorité des députés, ce sera alors pour le Canton une manière acceptable de répondre aux problèmes des 523 et des Ethiopiens et Erythréens. (apic/com/bb)

8 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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