Le Conseil d’Etat reviendra-t-il sur sa décision d’expulsion ?

Vaud: Soutien des paroissiens de Malley aux requérants d’asile déboutés

Lausanne, 29 août 2004 (Apic) Le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformé du canton de Vaud (EERV) ainsi que le Vicariat épiscopal de l’Eglise catholique à Lausanne veulent rechercher des «solutions humaines» dans le dossier des requérants d’asile déboutés. Dimanche, à la sortie du culte, les responsables de la paroisse de Malley – qui avaient recueilli la famille expulsée dans l’urgence – ont pu renseigner les fidèles.

«Nous avons le soutien des paroissiens de Malley, il n’y a pas eu de réactions négatives de la part des fidèles, bien au contraire», a déclaré dimanche à l’Apic Patrick Felberbaum, membre du Conseil synodal. «Les fidèles qui étaient là ont soutenu leur Conseil de paroisse, il n’y a pas eu de réactions négatives», poursuit ce laïc qui reprend actuellement le Département «Présence Solidarité» de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud.

Patrick Felberbaum relève qu’une réunion avec le Conseil d’Etat vaudois est attendue pour mardi. «Je me réjouis qu’une telle réunion n’ait pas seulement lieu avec le Conseiller d’Etat Mermoud (de l’Union Démocratique du Centre/UDC, nda) mais avec le Conseil d’Etat; actuellement, la pression est assez claire de la part de la population et les médias sont là». Mais le responsable du Département «Présence Solidarité» reste prudent quant aux solutions: il n’est pas facile pour le Conseil d’Etat, de revenir sur sa décision d’expulsion.

Les Eglises conscientes de la détresse humaine de nombreux migrants

Le Conseil synodal de l’Eglise réformée et le Vicariat épiscopal de l’Eglise catholique ont suivi avec une attention particulière les événements de ces dernières semaines. Engagées sur le terrain, en particulier par les ministères de l’aumônerie au CERA de Vallorbe, par les médiateurs «Eglises-réfugiés», par des ministères de solidarité régionaux, les Eglises sont conscientes de la détresse humaine de nombreux migrants, contraints à chercher ailleurs la sécurité à laquelle chacun aspire.

Le Conseil synodal et le Vicariat ont pris connaissance de la résolution du Grand Conseil de mardi passé qui déclare que «du point de vue du Grand Conseil, ces personnes doivent clairement être considérées comme non refoulables», en particulier les «femmes kosovares isolées, survivants de Srebrenica, familles avec de jeunes enfants qui ont vécu toute leur vie dans notre pays». Ils appuient cette proposition.

Conscientes de la complexité de la situation aujourd’hui, les autorités des Eglises invitent les mouvements de défense du droit d’asile et les autorités politiques et administratives à ne pas avoir recours à des violences qui ne conduiront probablement qu’à un durcissement des positions. Elles espèrent qu’un dialogue pourra s’instaurer et elles s’engagent, avec leurs médiateurs «Eglises-réfugiés», à participer à tout effort allant dans le sens de la recherche de solutions humaines pour les personnes concernées. Pour empêcher le renvoi des 523 requérants déboutés, la «Coordination asile» appelle à la désobéissance civile et fait circuler une pétition. Près de 3’000 signatures ont déjà été récoltées. (apic/com/eerv/be)

29 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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