Venezuela: Attentat contre la nonciature apostolique à Caracas

«Asile diplomatique» accordé au leader étudiant Nixon Moreno

Caracas, 20 janvier 2009 (Apic) Le siège de la nonciature apostolique à Caracas, au Venezuela, a été attaqué avec des bombes lacrymogènes lundi peu avant six heures du matin, annonce mardi 20 janvier la presse vénézuelienne. Le lancement de six de ces bombes, qui n’ont pas fait de dégâts, a été revendiqué par les militants d’extrême-gauche du collectif «La Piedrita».

Lundi matin, le siège de la nonciature apostolique sur la Plaza Venezuela a été l’objet d’un attentat attribué au groupe pro-Chavez «La Piedrita», qui a laissé un tract sur place.

La nonciature apostolique a lancé un appel au ministre de l’Intérieur et de la Justice du Venezuela, Tareck El Aissami, pour mettre sur pied des enquêtes efficaces. C’est la sixième fois que la représentation diplomatique du Vatican est attaquée.

Les médias de l’opposition vénézuelienne attribuent au collectif «La Piedrita» toute une série d’attaques visant notamment des politiciens de l’opposition, des journalistes et des bureaux de journaux comme ceux du quotidien «El Nuevo Pais», de la chaîne de télévision «Globovision», et plus récemment le siège du parti social-chrétien COPEI. Les grenades lacrymogènes employées sont fabriquées par la CAVIM, la Compagnie Anonyme Vénézuelienne d’Industries Militaires.

Selon le quotidien «Diario Catolico de Venezuela (DCV)», les agresseurs ont lancé les tracts à l’intérieur de la nonciature attaquant les autorités de l’Eglise, qualifiées de «couardes». Le tract vise en particulier Mgr Ubaldo Santana, président de la Conférence épiscopale du Venezuela (CEV), et le cardinal Jorge Urosa Savino, archevêque de Caracas.

La Conférence épiscopale du Venezuela a publié un communiqué protestant contre cette attaque. Le vice-président de la CEV, Mgr Roberto Lückert, a déclaré que «la nonciature fera une protestation formelle, parce que comme ambassade, elle doit pouvoir compter sur la sécurité fournie par l’Etat vénézuelien et ne l’obtient pas».

Notons que la nonciature apostolique de Caracas abrite pour des «motifs humanitaires» depuis mars 2007 le militant vénézuelien «anti-chaviste» Nixon Moreno, ancien leader étudiant de l’Université des Andes, accusé par la justice vénézuelienne du meurtre d’un fonctionnaire de police et de tentative de violence sexuelle contre une agente de police. Le leader étudiant nie les accusations émises par le Ministère public du Venezuela. Elles se réfèrent à de graves incidents durant des manifestations estudiantines qui ont eu lieu en 2006 dans la ville andine de Mérida. Depuis 2007, le gouvernement de Caracas refuse de remettre un sauf-conduit à Nixon Moreno, qui jouit d’un «asile diplomatique», afin qu’il puisse sortir du pays. (apic/efe/aci/be)

20 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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