Climat de tension au Venezuela à la veille d’une décision historique

Venezuela: Le président de la Conférence épiscopale appelle à voter non au référendum

Maracaibo, 27 novembre 2007 (Apic) Le président de la Conférence épiscopale du Venezuela (CEV), Mgr Ubaldo R. Santana Sequera, archevêque de Maracaibo, appelle à voter non le 2 décembre au référendum sur la proposition de réforme constitutionnelle. Ce projet est présenté par le président Hugo Chavez et l’assemblée nationale vénézuelienne. La Conférence, qui s’est engagée contre le référendum, publie un tract sur son site internet (www.cev.org.ve) qui parle de «modèle d’Etat socialiste, marxiste-léniniste, étatiste», avec un portrait de Karl Marx.

Sur un tract affiché sur le site internet de la CEV, orné des drapeaux de Cuba, de l’URSS, de l’Allemagne de l’Est, de la Yougoslavie, on peut lire que «les Etats socialistes ont dominé et opprimé la personne et la société, ont restreint la liberté personnelle et la liberté religieuse, ont causé une très grave détérioration de l’économie, provoquant une pauvreté généralisée».

Il estime que cette nouvelle Constitution provoque la concentration du pouvoir dans les mains du président, favorise l’autoritarisme, et fait passer le Venezuela d’un «Etat démocratique et social de droit et de justice» à un «Etat socialiste».

Selon ce libelle, on limite ainsi la liberté, on augmente le pouvoir de l’Etat et on impose «un Etat socialiste qui exclut», «sans pluralisme ni liberté, parce que toute l’activité politique, sociale, économique et culturelle s’encadre dans une pensée unique».

Les évêques auxiliaires et les prêtres de Caracas ont exprimé leur solidarité avec l’archevêque de la capitale, le cardinal Jorge Liberato Urosa Savino, face aux «offenses, insultes et menaces réitérées» portées contre lui par le président du Venezuela, Hugo Chavez. Les prélats exigent dans leur communiqué un «changement d’attitude», étant donné que cette conduite «offense le peuple catholique et tous les citoyens».

Une forme «inutile, moralement inacceptable»

Les prélats et le Conseil presbytéral de l’archidiocèse expriment leur «adhésion humaine et chrétienne» au cardinal face aux «attaques proférées contre lui et contre d’autres prêtres par le président vénézuelien et d’autres représentants du gouvernement».

Quant au président de l’épiscopat du pays, Mgr Ubaldo R. Santana Sequera, s’adressant lundi aux fidèles catholiques et «à tous les Vénézueliens de bonne volonté», il relève une nouvelle fois que «cette réforme est inutile, moralement inacceptable» et contraire aux intérêts du pays. Il a estimé que ce projet allait restreindre beaucoup de droits humains, civils, sociaux et politiques qui sont consacrés par la Constitution, «crée des motifs de discrimination politique et introduit de nouveaux champs d’affrontement et de polarisation entre les Vénézueliens».

Le président de la CEV rappelle «en ces jours précédant une décision historique» que tous les citoyens ont le droit d’avoir une opinion concernant la proposition de réforme constitutionnelle et de l’exprimer démocratiquement. De son côté, le recteur de l’Université catholique de Caracas, le Père jésuite Luis Ugalde, a conseillé au président Hugo Chavez de «se calmer» et lui demande de penser au rôle du Venezuela dans le concert des nations. (apic/com/kna/be)

27 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!