Pas question de renverser un président élu démocratiquement

Venezuela: Mssionnaires de Maryknoll saluent l’action de Chavez en faveur des pauvres

Washington/Caracas, 6 février 2003 (APIC) Contrairement à d’autres secteurs de l’Eglise du Venezuela, favorables à l’opposition qui fomente la grève générale, les missionnaires laïcs de Maryknoll saluent l’action du président Hugo Chavez en faveur des pauvres. Selon la société missionnaire basée aux Etats-Unis, des moyens contraires à la Constitution ne doivent en aucun cas être utilisés pour tenter de renverser un président élu démocratiquement.

«Nos communautés démunies peuvent témoigner que le gouvernement a effectivement donné la priorité aux pauvres», peut-on lire dans la déclaration signée par tous les missionnaires de Maryknoll engagés auprès des populations du Venezuela.

«Si des moyens anticonstitutionnels ou violents sont employés pour faire tomber un gouvernement élu démocratiquement ici au Venezuela, cela peut créer un fâcheux précédent pour d’autres pays d’Amérique latine», affirment les missionnaires à l’agence de presse américaine CNS (Catholic News Service). Et les volontaires américains d’affirmer qu’ils peuvent constater sur place les bénéfices que tirent les pauvres de la politique gouvernementale en termes de meilleures conditions d’éducation, de santé et de logements dans les quartiers pauvres.

La majorité ne se reconnaît pas dans la polarisation en cours

Le provincial des jésuites du Venezuela affirme pour sa part que la majorité ne se reconnaît pas dans la polarisation en cours. «Le pays a besoin de dialogue voire de confrontation, mais sans qu’il y ait besoin de recourir à la violence», relève le Père Arturo Sosa. Selon le jésuite, la grande majorité de Vénézuéliens n’est ni du côté des partisans du président Chavez ni de celui de ceux qui veulent le renverser par la pression de la rue.

Dans une analyse détaillée de la situation du pays, intitulée «Entre le radicalisme et les négociations», le Père Sosa passe en revue la situation politique et sociale complexe, qui a explosé en décembre avec la grève générale proclamée par l’opposition politique à Chavez et fomentée par les médias appartenant à des entrepreneurs privés.

La main de Washington derrière les troubles ?

Le point de départ de la confrontation, rappelle-t-il, a été le refus du président de privatiser l’industrie pétrolière, qui constitue la source la plus grande de revenus pour le pays. Sur cette question, en particulier, plusieurs analystes politiques indépendants soulignent les puissants intérêts nord-américains en faveur de la privatisation, dissimulant une intervention cachée de Washington dans la mise en scène de la crise actuelle.

En ce qui concerne le conflit en cours, le Père Sosa se limite à en reconstruire la genèse et il plaide pour un recours à la négociation pour sortir de l’impasse. «Le président Chavez est donc tenu de se comporter conformément à sa charge de chef de l’Etat, avant même qu’il ne se comporte comme le représentant d’un courant politique». Le Parlement, jusqu’ici absent, doit en revanche «représenter le pluralisme politique de la société, devenir un lieu de débat et de négociations» afin d’arriver à des accords permettant la fin du conflit.

Le Père Sosa, définissant le rôle de l’Eglise catholique, rappelle qu’il n’est jamais directement politique. La tâche de l’Eglise consiste plutôt à rappeler les principes inéluctables «du respect de la vie, de la reconnaissance de l’autre et de la renonciation absolue à la guerre et à n’importe quelle forme de violence comme moyen d’atteindre des objectifs personnels ou de groupe dans le domaine politique». (apic/cns/vid/be)

6 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!