Vers de nouvelles violences de la part des extrémistes hindous
Inde: Les chrétiens et les églises du Karnataka sont «fichés»
Bangalore, 23 août 2011 (Apic) La communauté chrétienne de l’Etat du Karnataka en Inde donne l’alarme. Un nouveau plan de «nettoyage ethnique de masse» risque d’être appliqué aux dépens des communautés chrétiennes.
La police locale a organisé une sorte de «recensement ciblé» des chrétiens et des églises. L’opération, fait remarquer le «Global Council of Indian Christians» (GCIC) à l’agence missionnaire «Fides» à Rome, n’a pas un caractère simplement administratif, mais «représente clairement une tentative de mettre en œuvre l’agenda caché du Sangh Parivar», la couverture des organisations radicales hindoues responsable des attaques dans l’Etat indien d’Orissa. Pour le GCIC, «Il s’agit d’une violation des droits fondamentaux des chrétiens dans le pays de pratiquer et prêcher leur religion, comme la Constitution le garantit».
Le Karnataka est gouverné par le parti nationaliste «Baratiya Janata Party» (BJP), partisan et allié des mouvements extrémistes.
Un rappel du «recensement des chrétiens» au Madhya Pradesh
L’initiative est partie de la police locale dans le district de Chikmagalur. Les prêtres et les pasteurs ont reçu une fiche sur laquelle ils doivent indiquer le nom de l’église et son emplacement exact, les édifices et les propriétés, ainsi que le nom et le numéro de téléphone des titulaires, les comptes bancaires, des détails sur la fréquence des fidèles, des jours et des horaires des célébrations. Cela ressemble étrangement au suspect «recensement des chrétiens» au Madhya Pradesh, gouverné aussi par le BJP, qui a suscité de vives protestations.
Au Karnataka, des violences antichrétiennes se vérifient encore. Deux dimanches de suite, les liturgies de certaines communautés chrétiennes pentecôtistes ont été interrompues, les pasteurs insultés et malmenés, et les églises saccagées. Et comme acte d’intimidation, les radicaux hindous présentent de fausses déclarations de conversions forcées opérées par des chrétiens, générant la haine et de nouvelles violences.
L’Etat est déjà connu pour la vague de violence antichrétienne de 2008, au cours de laquelle 113 attaques ont été enregistrées dans 29 districts. Au cours des deux dernières années, selon des sources de «Fides», 138 autres épisodes de violences antichrétiennes ont eu lieu au Karnataka.
Les ONG chrétiennes ont chargé le juge Michael Saldanha de rédiger un rapport détaillé sur la base d’une enquête de terrain, afin de dénoncer publiquement les faits. Car «Au Karnataka, remarquent les sources de «Fides», les extrémistes hindous disposent d’un immense pouvoir. Ils sont au gouvernement, ils ont infiltré le système judiciaire, la bureaucratie et la police. Pour les chrétiens, il est impossible d’obtenir justice ». (apic/fides/pa/ggc)



