Rome: Une plainte des salésiens déboutée par le tribunal de Rome

Vers la conclusion de l’affaire Gerini?

Rome, 28 novembre 2012 (Apic) Une décision du tribunal de Rome a entériné, le 27 novembre 2012 après 22 ans de litige, le classement sans suite d’une plainte déposée par la Fondation Gerini pour escroquerie présumée. Elle dépend de la congrégation des salésiens, à laquelle appartient le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège.

Le tribunal de Rome a finalement classé la plainte pour escroquerie présentée par la Fondation Gerini, après un premier ajournement le 13 novembre dernier. L’ordonnance de réquisition de biens de la Fondation pour quelque 130 millions d’euros pourrait être appliquée. Cette décision risque de mettre financièrement à mal la congrégation des salésiens qui serait menacée de faillite.

Peu après le verdict, la direction générale des Œuvres de Don Bosco a réaffirmé son «plus grand respect pour les décisions de la magistrature italienne». «Naturellement, poursuit le communiqué, après avoir pris connaissance du texte de la décision, l’opportunité de démarches ultérieures sera évaluée».

Une sombre affaire

L’affaire remonte à 1990, date de la mort du riche bienfaiteur romain Alessandro Gerini, surnommé le ’marquis de Dieu’. La Fondation Gerini, reconnue par le Saint-Siège en 1967 et étroitement liée à la congrégation des salésiens, hérite de son immense patrimoine. Ses neveux décident d’engager une procédure judiciaire pour contester l’exécution testamentaire. Plusieurs médiateurs se mêlent de l’affaire. L’un d’eux, l’homme d’affaire Carlo Moisè Silvera, devient le négociateur privilégié des neveux. Il parvient, avec l’avocat de la Fondation Gerini, Renato Zanfaglia, à convaincre l’économe des salésiens d’accepter un accord pour clore la cause judiciaire.

Dans le cadre de l’accord, la fondation accepte, en 2007, de verser 16 millions d’euros, dont 5 millions aux neveux du marquis et le reste à leur négociateur, Carlo Moisè Silvera. Après réévaluation du patrimoine, le chiffre revenant au modérateur s’élèvera à 99 millions. Montant que la fondation a refusé de payer. Carlo Moisè Silvera demande alors la réquisition des biens pour un total de 130 millions d’euros, avec les intérêts.

Dissimulation d’éléments

Les salésiens portent plainte pour escroquerie. Après enquête du tribunal de Rome, la justice déclare la procédure valide et demande que la plainte soit classée. Dans une lettre du 24 septembre dernier, le cardinal Bertone a dénoncé l’escroquerie menaçant de faillite sa congrégation religieuse. Il accuse Renato Zanfaglia de lui avoir caché deux aspects importants de l’affaire, le conduisant à donner son accord à un processus en défaveur de sa congrégation. Selon le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, l’avocat lui aurait caché l’absence de légitimation juridique de Carlo Moisè Silvera, ainsi que l’inexistence de titre permettant de revendiquer l’héritage de la part de la famille Gerini et du médiateur. «Je n’ai découvert que plus tard, explique le prélat, que la valeur du patrimoine avait été gonflée démesurément».

Selon les plaignants, l’arnaque viendrait de l’entente entre l’émissaire et l’ancien avocat de la fondation, Renato Zanfaglia. Ce dernier aurait gagné la confiance de l’économe de la congrégation, le Père Mazzali, et celle du cardinal Bertone. De mèche avec Carlo Moisè Silvera, l’avocat les aurait dirigés vers de mauvais choix, bénéficiant aux neveux d’Alessandro Gerini. (apic/imedia/mm/ggc)

28 novembre 2012 | 15:38
par webmaster@kath.ch
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