Rome: Le Conseil pontifical des migrants dénonce les politiques migratoires

Vers un nouveau bras de fer entre gouvernement et le dicastère?

Rome, 11 septembre 2009 (Apic) Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, souhaite que les pays développés, et l’Italie en particulier, puissent dépenser autant d’énergie pour «l’accueil» et «l’intégration» des immigrés qu’en matière de sécurité.

Dans un discours sur les «aspects économiques, sociaux et religieux» de l’immigration qu’il prononcera le 12 septembre 2009 à Recoara Terme, au nord-est de l’Italie, Mgr Marchetto risque ainsi de relancer la récente joute verbale entre son dicastère et le pouvoir politique italien sur le thème de la sécurité et de l’immigration.

Dans son discours, envoyé à la presse au préalable, Mgr Marchetto invite ainsi les différents pays, en citant particulièrement l’Italie, à s’investir non seulement pour «la sécurité» mais aussi pour «l’accueil et l’intégration» des immigrés. Et de préciser : «le travail à l’intégration (…) ne s’oppose absolument pas à la sécurité, mais en est au contraire l’expression».

Au printemps dernier, le prélat avait regretté la «restriction actuelle de l’accès régulier pour les migrants dans les pays développés», déclenchant alors une vive polémique en Italie. Puis, en août, le nouveau président du dicastère, Mgr Antonio Vegliò, avait enfoncé le clou sur Radio Vatican en rappelant les «droits fondamentaux inaliénables» de chaque migrant après le drame de dizaines de clandestins érythréens morts au large des côtes siciliennes sans qu’aucun navire italien ne soit venu leur porter secours, suscitant l’agacement de l’extrême-droite italienne.

Par ailleurs, 8 ans après les attentats du 11 septembre 2001, le Conseil pontifical en charge des migrants s’intéresse spécialement au rôle du dialogue pour une bonne intégration des immigrés de différentes confessions.

«Le 11 septembre a été (…) une véritable ›révélation’ qui a mis en évidence de grandes contradictions dans le rôle des religions dans la construction de la paix», rappelle ainsi Mgr Marchetto, selon lequel «cette ›révélation’ implique la nécessité d’un saut de qualité dans la rencontre interreligieuse».

En matière de flux migratoires, le prélat souligne la nécessité du «dialogue entre immigrés et autochtones», qui doit se réaliser précisément «entre personnes concrètes», afin de «combler le déficit de citoyenneté et de conscience mondiale, de ›responsabilité collective’». Ce déficit est en effet «aujourd’hui à la base de certains mouvements de violence, considérée comme seule solution à des problèmes persistants», poursuit le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement.

D’un autre côté, s’adressant plus spécifiquement au monde islamique, qui compte dans ses rangs «aujourd’hui des franges extrémistes et violentes, malheureusement très consistantes», Mgr Marchetto exhorte «à trouver de nouveaux processus éducatifs capables d’endiguer ces extrémismes, de les isoler et de faire prévaloir un dialogue vrai, authentique, respectueux de la réciprocité».

Dans son discours, le prélat met enfin en garde contre 2 déviances qui peuvent se produire dans les pays d’accueil : «l’impérialisme culturel, qui conduit à l’assimilation des cultures différentes de celle qui domine» et «le relativisme culturel, qui conduit à une balkanisation de la société». (apic/imedia/cp/pr)

11 septembre 2009 | 14:59
par webmaster@kath.ch
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