Rome: L’accord franco-allemand risque de diviser l’Europe
Vers un rétrécissement de la souveraineté des gouvernements nationaux
Rome, 7 décembre 2011 (Apic) L’»Osservatore Romano» s’est montré critique, en Une de son édition du 7 décembre 2011, à l’égard de l’accord franco-allemand du 5 décembre. Ce plan pour pallier à la crise risque de réduire la souveraineté des gouvernements nationaux et d’entraîner une division de l’Europe.
Luca Possati, éditorialiste du quotidien du Vatican, assure que l’accord annoncé à Paris, le 5 décembre, par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel «révèle en clair-obscur les difficultés profondes que le projet européen traverse actuellement et confirme que l’on est parvenu à un tournant». Ce plan doit être soumis lors du Conseil européen, les 8 et 9 décembre à Bruxelles.
Le journaliste est très critique à l’égard des sanctions annoncées contre les Etats membres de l’Union européenne, dont le déficit dépasserait les 3 % du produit intérieur brut (PIB). De même envers les décisions qui ne seraient plus prises à l’unanimité, mais «à la majorité qualifiée». «Ceci signifie en fait deux choses, analyse Luca Possati: un nouveau rétrécissement de la souveraineté des gouvernements nationaux et le risque concret d’une division de l’Europe, où les alliances compteront toujours plus et les pays faibles n’auront pas voix au chapitre».
Une France menacée
«En réalité, assure l’éditorialiste du quotidien du Vatican, ni la France ni l’Allemagne ne peuvent dicter des lois, car elles doivent affronter toutes deux de grosses difficultés». Des risques pèsent sur la France, menacée d’une possible dégradation de son ’Triple A’ par l’agence de notation ’Standard & Poor’s’. Et «les choses ne vont pas mieux pour le Bund», assure le journaliste, faisant référence au rendement de l’emprunt d’Etat.
L’éditorial de l’»Osservatore Romano» conclut en annonçant «la fin de l’Euro, et peut-être aussi du Dollar», face à l’indécision politique et à l’absence d’une stratégie partagée. Il invite l’Europe à «trouver le juste équilibre possible entre austérité et croissance». «A ce stade, peut-être que seul un nouveau pacte global entre la politique et la finance – que beaucoup ont appelé un nouveau Bretton Woods – pourrait éviter le pire». (apic/imedia/amic/ggc)



