Etats-Unis: Les cas d’abus sexuels dans l’Eglise américaine sont en baisse constante

Vers une sortie de la crise ?

Washington, 29 mars 2010 (Apic) L’Eglise catholique aux Etats-Unis, fortement décrédibilisée depuis une décennie par les cas d’abus sexuels commis par des prêtres – plus de 11’000 mineurs en ont été victimes (*) – s’achemine lentement vers une sortie de la crise.
Avec un tiers de dénonciations en moins par rapport à 2008, les cas d’abus sexuels dans les 195 diocèses et éparchies (**) dépendant de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) sont en effet en baisse constante depuis 2004. Les nouveaux cas deviennent rares, grâce notamment aux politiques mises en place depuis le début des années 2000, annonce fin mars l’USCCB. Mais le traumatisme pour les victimes sera long à guérir.

La plupart des nouvelles allégations rapportées en 2009 concernent des abus commis entre les années 1960 et 1990 (71%), avec seulement une douzaine de cas d’abus perpétrés depuis 2000. C’est bien là la preuve, estiment les évêques américains, que la politique mise en place depuis l’élaboration d’une Charte de protection des enfants et des jeunes, adoptée l’USCCB lors de son assemblée plénière à Dallas en juin 2002, porte ses fruits.

La politique mise en place par les évêques en 2002 commence à porter des fruits

Selon le rapport annuel 2009 sur les abus sexuels dans l’Eglise, commandité par la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis et basé sur une étude menée par le Centre de recherche appliquée sur l’apostolat (CARA), rattaché à l’Université de Georgetown à Washington, les dénonciations ont diminué d’un tiers par rapport à 2008. La grande majorité des affaires remontent à des actes commis dans les décennies antérieures.

Selon des chiffres communiqués par l’Eglise catholique aux Etats-Unis, les diocèses et les congrégations religieuses ont jusqu’à présent payé plus de 2,7 milliards de dollars pour gérer les cas d’abus sexuels depuis les années 1950, dont un peu plus de 104 millions de dollars payés en 2009. Ainsi les dédommagements versés aux victimes, notamment pour les frais de thérapie et d’avocats ainsi que les autres coûts sont en forte baisse: ils étaient encore de 376 millions de dollars en 2008 et de 499 millions en 2007. Cette année-là, l’archidiocèse de Los Angeles avait commencé à payer des dédommagements portant sur un montant total de 660 millions de dollars destiné à indemniser 500 victimes. C’est la plus grande somme jamais payée par un diocèse américain.

L’Eglise a jusqu’à présent payé plus de 2,7 milliards de dollars pour les cas d’abus

Selon le Centre CARA, qui recueille les données auprès des diocèses, chaque année depuis 2004 les assurances ont couvert entre un quart et un tiers des frais engendrés par le scandale des abus sexuels. Pour payer le reste et faire face ainsi à leurs obligations financières, les évêques américains concernés ont dû vendre des terrains et des bâtiments, y compris des palais épiscopaux, organiser des quêtes spéciales, voire licencier du personnel. Mais le plus dur reste à faire: restaurer la confiance des fidèles et regagner l’estime des victimes blessées par des actes que le pape Benoît lui-même a qualifiés de véritable «trahison».

En s’adressant dans une «Lettre pastorale aux catholiques d’Irlande», publiée samedi 20 mars 2010, il leur a exprimé ouvertement au nom de l’Eglise «la honte et le remords que nous éprouvons tous», relevant que la confiance des victimes «a été trahie», et que leur «dignité a été violée». JB/Com

(*) Selon une étude du «John Jay College of Criminal Justice» à New York, rendue publique par l’Eglise américaine en 2004, quelque 4’400 prêtres étaient alors accusés d’avoir agressé 11’000 enfants aux Etats-Unis.

(**) diocèses de rite oriental (apic/be)

29 mars 2010 | 15:12
par webmaster@kath.ch
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