Pétition de 2640 signatures remises à la société

Vevey: Manifestation chez Nestlé pour dénoncer sa politique en Colombie et dans le monde

Vevey, 21 décembre 2003 (Apic) Quelque 100 manifestants, la plupart des membres des syndicats SIB, FTMH, FCTA et UNIA, ainsi que des mouvements Attac Suisse, Groupe de travail Suisse-Colombie et du collectif Jeunes contre la guerre, ont mené vendredi en début d’après-midi une action symbolique devant le siège central de Nestlé à Vevey. Une pétition munie de 2640 signatures a été remise à la firme. Elle porte notamment les signatures d’une vingtaine de parlementaires suisses.

Les pétitionnaires dénoncent «la politique et les mensonges» de Nestlé en Colombie et dans le monde. La manifestation symbolique, colorée et pacifique devant le siège international de Nestlé, avait pour but d’attirer une nouvelle fois l’attention du public suisse sur ce qui se passe en Colombie, mais aussi de transmettre à Nestlé des revendications concrètes à propos de ses agissements.

En raison d’un important cordon policier, les manifestants ont été contraints de rester sur le trottoir. Et c’est en vain qu’une délégation des différents syndicats et groupes ont demandé à être reçu par la direction. Un employé de la firme s’est toutefois rendu auprès des manifestants pour recevoir de leurs mains la pétition signée de 2640 personnes réclamant de Nestlé un changement de cap.

Depuis bientôt deux ans, rappellent les manifestants, la filiale colombienne de Nestlé Cicolac est le théâtre d’un grave conflit de travail (voir le service Apic du 24 novembre 2003 et l’enquête consacrée à la multinationale suisse en Colombie). «Nestlé a mis un terme aux bonnes conditions de travail d’alors en usant de pressions et de menaces contre les travailleurs syndiqués et en manipulant la justice et les autorités colombiennes, et a privé plus de 180 travailleurs de toute garantie d’emploi. Dans ce contexte, des groupes paramilitaires ont fait peser de lourdes menaces».

Les manifestants rappellent en outre que «Nestlé a pris son parti d’une baisse de la qualité de ses produits afin de réduire ses coûts. Ainsi, le personnel qualifié chargé des contrôles de qualité dans les laboratoires est en sous-effectif, la propreté des installations n’est plus garantie et Nestlé a utilisé à plusieurs reprises des matières premières périmées ou contaminées». Enfin, Nestlé, a-t-on encore confirmé vendredi devant le siège de la multinationale, «importe du lait en poudre en grandes quantités et cause par là des pertes de revenus aux producteurs laitiers de Colombie».

Nouvelle affaire

La situation ne semble du reste pas s’arranger, tout au moins en ce qui concerne Cicolac, à Valledupar, l’un des trois centres de productions de la société en Colombie. Et les rumeurs à propos de la vente de Cicolac à l’entreprise néo-zélandaise «Fonterra», ne font que renforcer le climat d’incertitude et de tensions. Dans une lettre adressée à Peter Brabeck, PDG de Nestlé, en date du 10 décembre, Stephan Suhner, du Groupe de Travail Suisse-Colombie, s’inquiète de cet état de fait, et l’informe d’une nouvelle affaire de produits contaminés à Bugalagrande, précisant que des échantillons le démontrant ont été apporté au directeur de Cicolac, Fernando del Castillo.

La réponse de Peter Brabeck est parvenue à Stephan Suhner en date du 15 décembre. Sans répondre aux questions posées, à savoir la vente possible de Cicolac et la «nouvelle affaire» de Bugalagrande, le PDG de Nestlé informe qu’il a mené en date du 26 novembre dernier à Bogota des discussions avec les syndicats de Nestlé en Colombie. Une réunion que le PDG de Nestlé a qualifié de constructive et positive. (apic/pr)

21 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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