Victimes d’un véritable «nettoyage social»
Mexique: Un prêtre dénonce le massacre des toxicomanes au Mexique
Mexico, 28 septembre 2010 (Apic) Un prêtre mexicain dénonce le massacre des toxicomanes au Mexique, le maillon le plus faible de la chaîne du trafic de drogue et de la violence, dans ce pays, sans doute le plus violent au monde, pourtant en situation de non guerre. A l’appui, une étude révèle des chiffres alarmants, qui montrent qu’une majorité de Mexicains sont touchés de près ou de loin par la drogue.
«Le massacre de la drogue a commencé à Ciudad Juarez, mais la disparition, les meurtres et les séquestrations des toxicomanes sont une constante dans tout le pays, et ressemble à un ›nettoyage social’. Ils sont le maillon faible de la chaîne du trafic de drogue et de la violence que nous vivons, et c’est pour cela qu’ils les éliminent» : c’est ce que dénonce à la presse locale le Père Guillermo Flores, prêtre catholique, cité par l’Agence Fides. Ce prêtre dirige la maison de retraite pour toxicomanes «Fuente de Vida» à Guadalupe, en Nuevo Leon.
La vente de la drogue au détail a existé un temps dans des zones spécifiques de la région métropolitaine de Monterrey, et elle est devenue un vrai et grand business pour Los Zetas, une des plus grandes bandes de narcotrafiquants qui domine le marché dans la ville, d’après ce que rapporte la police. Les magasins qui vendent de la drogue abondent, au milieu des produits comme la nourriture, les parfums, les fruits. Les boîtes de nuit, tavernes et autres bars ne sont pas en reste…
Selon une récente étude, 63% des Mexicains sont sérieusement impliqués dans le trafic de drogue (consommateurs ou revendeurs ou trafiquants) et 8% sous le contrôle total des réseaux de trafiquants. Dans tout le pays il y aurait environ 20 millions de consommateurs/stupéfiants et plus d’un million de toxicodépendants.
Selon la police, un gramme de cocaïne ou de crack coûte aujourd’hui moins de 10 dollars. La plupart des cliniques de désintoxication et de récupération au Mexique sont privées. On estime que chaque année plus de 100’000 personnes sont hospitalisées pour le traitement (sur une population d’environ 100 millions d’habitants). L’Eglise catholique a aussi un rôle de pionnier dans ce domaine. Par exemple, dans l’archidiocèse de Mexico, la Caritas locale offre un programme pour tenter de libérer ceux qui sont tombés dans le monde des drogues. (apic/fides/pr)



