Les sectes n’ont pas une grande clientèle en Europe
Vienne: Le Conseil des Conférences épiscopales européennes délibèrent sur les sectes
Vienne, 9 mars 1998 (APIC) Les sectes n’ont pas le vent en poupe en Europe, estime le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) qui tenait session en fin de semaine dernière à Vienne. En discussion: le phénomène des sectes.
Selon Ales Opatrny, professeur de théologie morale à Prague, le nombre de personnes appartenant aux sectes classiques dans les pays de l’Est européen est resté stationnaire. Après le tournant politique de 1989, le succès des sectes n’a pas été aussi important que les responsables des mouvements sectaires ne l’avaient espéré».
Des spécialistes des sectes venus de 23 pays européens et du Vatican sont tombés d’accord pour dire qu’un nouveau phénomène gagne cependant en importance sur le continent européen. Il s’agit d’une religiosité sans repaires qui conduit à des personnes en recherche à passer un week-end chez un chaman indien et l’autre week-end à se plonger dans une méditation zen pour finalement essayer un autre jour de comprendre des mystères ésotériques.
Le secrétaire général du CCEE, Aldo Giordano, a souligné que l’Eglise catholique ne veut pas se lancer dans une lutte concurrentielle contre les sectes ou contre des groupes religieux alternatifs. Beaucoup de personnes de notre temps désirent trouver une réponse aux grandes questions de la souffrance, de la mort et des limites de l’être humain. Le message de l’Evangile offre en premier lieu des réponses à ces questions. Cependant l’Eglise doit être «ce qu’elle doit être» pour présenter cette annonce de manière crédible, à savoir «un lieu d’espérance et un endroit où peut s’épanouir la communauté», a ajouté Aldo Giordano.
De son côté, Joachim Müller, membre du groupe de travail sur «les nouveaux mouvements religieux» de la Conférence des évêques suisses (CES), a souligné que l’espace religieux du continent européen n’est plus marqué depuis longtemps par les «sectes chrétiennes». Divers groupements religieux issus des grandes religions mondiales sont par contre actives en Europe. Un des buts de la réunion de Vienne était précisément de tisser un réseau de spécialistes dans les Eglises européennes qui observent le développement d’une sorte de «marché des idéologies religieuses». Mais le manque de ressources financières a pour le moment rendu impossible la construction d’une «banque de données» sur ce sujet. (apic/kpr/ba)




