Biens de l’Eglises confisqués: revendications des Congrégations

Vietnam: Face à face entre autorités politiques et religieuses

Huê, 16 mars 2004 (Apic) Les responsables religieux de l’archidiocèse de Huê ont dressé un inventaire de leurs revendications, présentées aux fonctionnaires du Bureau des Affaires religieuses du Vietnam, indique «Eglises d’Asie» (EdA) dans sa dernière livraison.

Aux fonctionnaires de l’Etat présents, ils ont réclamé la restitution de biens confisqués par le Vietnam. Selon des sources «dignes de foi» citées par EdA, une rencontre organisée par le Bureau des Affaires religieuses s’est déroulée dans les locaux de l’archevêché de Huê, le 20 février 2004, mettant en présence le clergé du diocèse et des fonctionnaires locaux.

Face au directeur local des Affaire religieuses, Duong Viêt Huong, accompagné de quatre autres cadres, se trouvaient les principaux responsables religieux de l’archidiocèse, dont l’archevêque, Mgr Etienne Nguyên Nhu Thê et son vicaire général. A noter aussi la présence de Supérieurs de Congrégations religieuses.

L’ensemble des interventions des divers participants forme, selon EdA, un tableau presque exhaustif des problèmes que l’Eglise de Huê rencontre dans sa vie quotidienne. Et qui, à cause de la nature du régime, ont besoin de l’intervention de l’Etat pour être réglés.

Liste de doléances des religieuses

La supérieure des Enfants de la Vierge Immaculée a demandé que les permissions d’études à l’étranger soient facilitées. Elle s’est aussi plainte des difficultés rencontrées par le dispensaire, tenu par les religieuses, pour se procurer des médicaments venus de l’extérieur du Vietnam. Elle a également souhaité qu’une école – devenue une résidence pour des cadres – dont elles s’occupaient avant 1975 leur soit rendue.

Les religieuses de la Visitation ont pour leur part rédigé une demande au pouvoir central sans obtenir de réponse pour l’instant. Elles réclament la restitution de leur scolasticat, construit en 1970, mais confisqué par le gouvernement en 1975. Les autorités locales viennent en outre d’accaparer quatre hectares de terre appartenant à leur congrégation. Les religieuses avaient l’intention d’y construire un dispensaire.

A leur tour, les Soeurs de Saint-Paul signalent le cas du Collège Jeanne d’Arc, un établissement situé à Kim Long, dont elles sont propriétaires depuis plus de cent ans et qui leur a été confisqué par l’Etat en 1975 pour en faire un hôpital. Aujourd’hui, le service chargé de sa gestion a vendu une partie du terrain ou l’a donné à des cadres pour qu’ils y bâtissent leurs maisons. Auparavant, les religieuses avaient demandé la restitution de la chapelle pour leur usage personnel. Sans recevoir de réponse.

Les religieux exposent aussi leurs plaintes

Un bénédictin de Thiên An a de son côté exposé le cas de l’appropriation, par le gouvernement, de 102 hectares – sur les 107 hectares – de son monastère pour en faire un centre de loisirs. Le terrain, dont les religieux ont été dépouillés est devenu aujourd’hui un lieu où, selon les termes du religieux, «sévissent les fléaux sociaux». D’autres insatisfactions ont été exposées par les représentants d’autres institutions de l’archidiocèse de Huê.

Côté rédemptoriste aussi les doléances ne manquent pas. Les religieux, ne peuvent plus recevoir des jeunes dans leur centre. Motif: le gouvernement n’accorde pas de cartes de résidence. De plus, le grand séminaire ne peut faire venir des professeurs de l’extérieur qu’après une longue attente et ne peut procéder au recrutement annuel des étudiants. Depuis 2001, les franciscains demandent quant à eux – sans succès – l’autorisation de reconstruire un clocher qui s’était effondré en 1968. (apic/eda/lh)

16 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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