Le fléau touche aussi les milieux catholiques
Vietnam: Grande campagne de prévention contre la drogue
Hanoi, 22 février 1999 (APIC) L’opinion publique vietnamienne prend progressivement conscience des menaces que font peser sur les jeunes générations la rapide extension actuelle du trafic et de la consommation de la drogue dans le pays. Ce fléau, selon une enquête récente faite dans 20 paroisses d’Hô Chi Ming-Ville, n’épargne pas les milieux catholiques.
Grâce à un décret gouvernemental publié en juin 1998 par le Premier ministre vietnamien, un mouvement de prévention contre la drogue s’est grandement développé dans tout le pays. Les médias ont répercuté cette progressive prise de conscience de la population.
Les chiffres publiés par les journaux locaux et par les instances internationales, à la fin de l’année 1998, ont fait mesurer l’étendue du mal. Les statistiques officielles, en-dessous de la réalité, selon beaucoup d’observateurs, font état de plus de 200’000 personnes droguées dans le pays, plus de 20’000 pour la seule ville de Hô Chi Minh-Ville où, pour un peu d’argent, il est très facile de se procurer toutes sortes de drogues. Le 17 janvier dernier, à Hô Chi Minh-Ville, une manifestation importante a réuni devant l’ancienne Assemblée nationale, toutes les autorités du Parti et de l’administration de la ville ainsi qu’une foule d’au moins 10’000 personnes. Dans un discours prononcé à cette occasion, Lê Thê Tiêm, membre du bureau politique a, lui même, fait un tableau dramatique de la situation de la drogue dans le pays.
Une enquête auprès de 20 paroisses
La drogue s’étant infiltrée dans tous les domaines de la société vietnamienne, y compris dans les écoles et les prisons. Les milieux catholiques en soient épargnés. Une religieuse travaillant au centre de désintoxication de Binh Triêu, à Hô Chi Minh-Ville, a révélé que le pourcentage de catholiques parmi ses pensionnaires, est loin d’être négligeable. Une enquête téléphonique menée récemment par un hebdomadaire de la grande ville du sud auprès des responsables de 20 paroisses de Hô Chi Minh-Ville a fait apparaître que les milieux catholiques sont concernés à un double titre par cette extension de la consommation et du trafic de drogues: d’abord par la présence de drogués parmi les fidèles, mais aussi par une participation active des paroisses pour lutter contre ce fléau.
Des renseignements recueillis par l’hebdomadaire auprès de divers curés de paroisse de la ville et de la banlieue de Hô Chi Minh-Ville, sans oublier ceux transmis par les services de police, il ressort que 130 drogués habitent le 5ème quartier de l’arrondissement de Tân Binh
peuplé à 70 % de catholiques. Dans le 13ème quartier de Go Vâp, dont 85 % des habitants sont catholiques, 63 intoxiqués seraient suivis par les agents de la sûreté. Beaucoup de prêtres interrogés ont eu connaissance de trafic de drogue parmi leurs fidèles.
Mobilisation des prêtres pour aider les drogués
Certains prêtres ont avoué leur impuissance à éradiquer le mal. Cependant beaucoup affirment participer de multiples façons au mouvement engagé aujourd’hui au Vietnam pour s’opposer à la montée de la drogue. Les méthodes employées sont très diverses. Un prêtre de la région de Hôc Môn a révélé que, dès qu’il a appris l’existence du trafic de drogue sur le territoire de sa paroisse, il a tout de suite fait une enquête et dressé une carte des «points noirs». Il a entrepris ensuite, auprès des intéressés, catholiques ou non-catholiques, un travail de guérison, par des visites répétées et une assistance individuelle.
Un curé de Go Vâp utilise une méthode analogue auprès des jeunes drogués. Il essaie de les contacter personnellement en les aidant à s’engager dans une cure de désintoxication ou en leur procurant une formation professionnelle. D’autres prêtres, par l’intermédiaire des parents, invitent des drogués à un repas au cours duquel ils ont l’occasion de parler entre eux de ce problème. La paroisse rédemptoriste de Notre Dame du Perpétuel Secours, dans le troisième arrondissement, a établi un programme de lutte contre la drogue. Les membres du Conseil paroissial vont visiter les personnes droguées à l’intérieur de leurs familles. Par la suite, ils procurent une aide financière aux jeunes drogués. Pour qu’ils puissent s’inscrire dans un centre de désintoxication. (apic/eda/ba)




