Manifestations pour les récupérer dans le diocèse de Vinh

Vietnam: La question des propriétés catholiques confisquées par le régime devient cruciale

Vinh, 11 juin 2008 (Apic) Des incidents opposant des manifestants catholiques à une bande de malfrats se sont déroulés en mai dernier dans la paroisse de Ke Mui, appartenant au diocèse de Vinh (province de Hà Tinh), dans la partie méridionale de l’ancien Vietnam du Nord, annonce mercredi 11 juin «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP). Les catholiques ont été agressés sans que la police ne réagisse, écrit EdA.

Ces incidents, qui ont eu lieu dans une paroisse du centre du Vietnam, témoignent de l’acuité avec laquelle se pose la question des propriétés d’Eglise confisquées par le régime communiste, note «Eglises d’Asie». Ce problème est débattu ces jours-ci entre la délégation du Saint-Siège en visite au Vietnam et les représentants du gouvernement vietnamien. Les incidents dans la paroisse de Ke Mui ont eu lieu alors que des milliers de paroissiens s’étaient massés devant le Comité populaire du district pour y réclamer des terrains de la paroisse qui avaient été accaparés. Ils ont été agressés par une bande de voyous sous les yeux de la police, qui n’a pas réagi. Les jours suivants, les mêmes malfrats sont venus faire pétarader leurs motos autour de l’église, provoquant de nouveaux incidents.

Vinh a beaucoup souffert dans les années 50 du changement de régime

L’affaire des terrains accaparés de la paroisse de Ke Mui plonge ses racines dans la période troublée qui a suivi l’arrivée au pouvoir des communistes, en 1954, au Nord-Vietnam. Le diocèse de Vinh, plus qu’aucun autre, a subi de très nombreuses épreuves, en particulier celle de la réforme agraire avec ses jugements populaires et ses milliers de morts.

La paroisse de Ke Mui a été particulièrement touchée par les excès de ce mouvement, en particulier son curé, le Père Phung Mai Linh, traîné devant le tribunal populaire. En 1978, les autorités expulsèrent la totalité des chrétiens habitant autour de l’église vers la forêt pour y créer des exploitations agricoles, tandis que le curé restait sur place.

En 1991, les fièvres paludéennes et le peu de résultats obtenus dans la forêt forcèrent la population à revenir vers leurs anciens lieux d’habitation. Mais entre-temps, en 1988, des familles avaient été installées autour l’église. A leur retour, les catholiques construisirent une nouvelle église, mais ne purent jamais récupérer le terrain attenant, attribué aux familles arrivées en 1988. Aux requêtes de la paroisse, les autorités locales ont toujours opposé un refus catégorique.

C’est la raison pour laquelle quelque 300 fidèles se sont rendus, le 2 mai dernier, devant le Comité populaire du district, demandant à être reçus. Le 5 mai, les 2’000 paroissiens de Ke Mui étaient de nouveau devant le siège des autorités du district, qui, à nouveau, ont refusé de les recevoir. Le lendemain, les paroissiens étaient une fois de plus rassemblés sur les mêmes lieux, aussi nombreux.

Vers trois heures de l’après-midi, une bande de 20 malfrats, bien connus de la région, ont fait irruption et se sont mis à frapper les paroissiens. Pendant ce temps, les policiers se contentaient de regarder et de donner des conseils de modération. Des fidèles ont été blessés et une paroissienne a été transportée à l’hôpital. Les malfrats ne se sont pas arrêtés là et, au cours de la nuit suivante, ils ont tenté de terroriser la population de la paroisse en parcourant les rues à moto, rapporte mercredi l’agence des Missions Etrangères de Paris. (apic/eda/be)

11 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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