L’Eglise au Vietnam est encore fragile

Vietnam: Le bilan 2005 de l’Eglise catholique a combiné ombres et lumières

Hanoi, 13 janvier 2006 (Apic) Dans les interviews accordées à Radio Free Asia par des responsables religieux, l’archevêque de Hanoi, Mgr Ngô Quang Kiêt, a dressé un bilan contrasté de l’Eglise catholique. Malgré des évolutions réjouissantes, le résultat n’est pas satisfaisant. La relation entre l’Eglise et l’Etat est complexe, selon la Conférence des évêques du Vietnam.

Dans son intervention, l’archevêque Ngô Quang Kiêt a mis en valeur les heureux événements qui ont marqué la vie de l’Eglise. Parmi eux, se trouve la nomination de deux nouveaux évêques, à Dalat et à Bui Chu. L’archevêque a également cité une mesure gouvernementale permettant au grand séminaire de Hanoi de recruter des candidats au sacerdoce tous les ans, au lieu de tous les deux ans. Le rassemblement annuel de Notre-Dame de La Vang, auquel ont pris part un demi million de fidèles, est la plus grande manifestation de foi des catholiques vietnamiens. Quant à l’évangélisation, qui s’appuie sur plus de 2’000 catéchumènes, elle se révèle plus facile dans les villes que dans les régions montagneuses, auprès des populations minoritaires, ajoute le prélat.

Ces résultats positifs ne suffisent pas et de nombreux progrès restent à faire, a souligné, Mgr Kiêt, dans une seconde partie de son intervention. Il a évoqué le manque de prêtres dans la partie nord du Vietnam et le manque de lieux de formation. Mg Kiêt désire un engagement social dans les domaines éducatif et sanitaire, rappelant que plusieurs fois la Conférence épiscopale du Vietnam avait fait des propositions à ce sujet au gouvernement. «Nous autres, responsables spirituels, a précisé l’évêque, avons notre façon particulière d’élever la voix.» Ces propositions, jusqu’à présent, n’ont pas reçu de réponses adéquates. Dans le domaine social, l’archevêque signale que le mouvement – qui va croissant – de migration des campagnes vers les villes pose des problèmes à l’Eglise, notamment en matière de lieux de culte.

Pour une politique religieuse plus ouverte

Le bilan n’est donc pas tout à fait satisfaisant. Cela tient, selon Mgr Kiêt, au gouvernement et à l’ouverture plus ou moins grande de sa politique religieuse. Parfois, l’incompréhension des cadres spécialisés dans les affaires religieuses crée de grandes difficultés dans les communautés de base.

Dans le cadre de la même enquête sur la situation religieuse en 2005, trois autres personnalités ont été interrogées, parmi lesquelles un représentant de l’Eglise bouddhiste du Vietnam, patronnée par l’Etat, et un dirigeant de l’Eglise évangélique du Nord, reconnue par l’Etat. De la bouche de Nguyên Thê Danh, membre du Bureau des Affaires religieuses, également interrogé, on a appris que les difficultés concrètes des croyants, qui, selon lui, constituent 25 % de la population du Vietnam, venaient du fait que ceux-ci ne saisissaient pas la politique religieuse du gouvernement dans son ensemble et ne portaient leur attention que sur leur cas particulier. (apic/eda/cm/bb)

13 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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