Critiques contre la politique religieuse d’Hanoi?
Vietnam: Le gouvernement n’a pas du tout apprécié un message de Jean Paul II
Hanoi, 1er décembre 2004 (Apic) Des propos de Jean Paul II s’adressant le 19 novembre dernier aux membres du Conseil post-synodal du Synode des évêques pour l’Asie ont choqué les autorités vietnamiennes. Elles y ont repéré une accusation selon laquelle les chrétiens n’étaient pas libres de professer leur foi dans le pays.
Dans le texte de son intervention, dans le contexte de l’Asie et du sacrifice des martyrs qui y avaient versé leur sang, le pape parlait de la nécessité du témoignage silencieux «là où les chrétiens n’étaient pas libres de professer leur foi». Le jour même, des agences de presse ont affirmé que les pays visés étaient sans doute la Chine et le Vietnam, précision dont il n’y avait aucune trace dans le discours du pape, relève «Eglise d’Asie» dans son bulletin du 1er décembre.
La réaction du gouvernement vietnamien ne s’est pas fait attendre. Deux jours plus tard, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lê Dung a affirmé que la liberté de croyance de tous les citoyens est garantie par la Constitution et respectée dans les faits.
Absence de relations diplomatiques ente Hanoi et Rome
Dans sa déclaration, rapportée par le Courrier du Vietnam, Lê Dung, tout en déplorant l’absence de relations diplomatiques entre le Vietnam et le Saint-Siège, a souligné que l’Etat vietnamien a des contacts réguliers avec le Vatican par le biais de son ambassade à Rome. Lors de leurs voyages au Vietnam, les délégations romaines ont visité librement diverses localités et ont pu rencontrer des membres de l’Eglise locale. Les évêques du Vietnam, a même affirmé le porte-parole, se rendent à Rome sans difficulté lors «des conciles oecuméniques» (sic). Sans doute voulait-il parler des visites «ad limina» ou des divers synodes et réunions qui ont lieu au Vatican.
Les relations diplomatiques entre le Vatican et le Vietnam ont été rompues au Nord dans les années qui ont suivi la mise en place du pouvoir communiste et, au Sud, l’année même du changement de régime en 1975, rappelle Eglises d’Asie. De nombreuses rencontres au plus haut niveau ont tout de même eu lieu ces quinze dernières années entre le Vietnam et le Saint-Siège. (apic/eda/bb)



