Hanoï réfute les accusations de violation des droits de l’Homme
Vietnam: Le pays respecte les croyances de sa population, assure son président
Hanoï, 7 mai 2007 (Apic) Accusé à l’étranger de malmener les droits de l’Homme et la liberté de culte, le Vietnam réfute ces accusations. Son président, Nguyen Minh Triet, affirme que le pays respecte la religion et les croyances de sa population. C’est ce qu’annonce l’Agence vietnamienne d’information.
Lors d’une rencontre samedi 5 mai avec Thich Nhat Hanh, figure internationale du bouddhisme et fondateur de la communauté du Village des pruniers en France, le président a déclaré que «la religion et la croyance sont des besoins spirituels et font partie de notre peuple. Elles participeront intégralement à la construction de notre processus socialiste.»
A l’heure où plusieurs organisations internationales et les Etats-Unis dénoncent une détérioration des droits de l’Homme au Vietnam, cette rencontre a valeur symbolique. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale a recommandé la semaine dernière à Washington de remettre le Vietnam sur la liste noire des pays qui violent les libertés religieuses.
Le gouvernement pro-américain du Sud-Vietnam avait condamné Thich Nhat Hanh à l’exil en 1967. Il avait remis pour la première fois les pieds dans son pays en 2005. Le moine, considéré persona non grata par le régime communiste de Hanoï, est revenu cette année pour guérir les blessures qui, plus de trente ans après la fin de la guerre du Vietnam, divisent encore le nord et le sud.
Rencontre critiquée
Sa visite a cependant déclenché de vives critiques, en particulier de l’Eglise bouddhiste unifiée du Vietnam (EBUV), interdite depuis 1981 pour avoir refusé de se soumettre au contrôle du parti communiste. Selon l’Eglise, l’attitude du moine donne son aval aux autorités qui avaient empêché en mars une délégation de l’organisation norvégienne des droits de l’homme Rafto de remettre un prix au numéro deux de l’EBUV, Thich Quang Do.
Ces derniers temps, Hanoï a multiplié les interventions contre la dissidence. Ainsi, à la fin mars, Nguyen Van Ly, prêtre de 60 ans, a été condamné à huit ans de prison pour propagande contre le régime. Trois autres procès sont également en cours à Ho Chi Minh-Ville (ex Saïgon sud) et Hanoï. (apic/ag/js)



