Ils dénoncent les violences et demandent d’élever le débat

Vietnam: Les évêques calment le jeu dans le bras de fer contre les autorités

Hanoi, 28 septembre 2008 (Apic) Les évêques vietnamiens réprouvent les récentes violences, calment le jeu et élèvent le débat.

A l’issue de la réunion de la Conférence épiscopale, tenue dans le diocèse de Xuân Lôc et qui s’est achevée le 25 septembre, les évêques du Vietnam ont rendu public deux documents en rapport avec le conflit qui oppose la communauté catholique de Hanoi aux autorités locales. Un bras de fer qui a donné lieu, ces jours derniers, à un certain nombre d’actions violentes de la part du pouvoir.

Le premier texte est une réponse brève à une lettre du Comité populaire de Hanoi demandant aux évêques de sanctionner sévèrement les responsables de l’archidiocèse de Hanoi. Le second texte, plus long, prend de la hauteur par rapport aux événements récents dont il n’évoque pas les détails concrets.

Selon Eglises d’Asie, les évêques proposent une analyse du conflit ainsi qu’une solution radicale. La question des terres et l’actuelle multiplication des réclamations en ce domaine sont à la source du malaise social, qui, aujourd’hui, ne touche pas seulement les religions mais la société vietnamienne tout entière, estiment-ils.

Les évêques proposent que l’actuelle législation sur les terres soit totalement amendée. Ils demandent en particulier que la propriété privée des biens et des terres soit rétablie conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits de l’homme. Sans une telle réforme, les conflits iront en s’amplifiant, pensent les prélats. Cependant, les évêques s’abstiennent de mettre en cause le dernier dogme marxiste conservé par le Parti communiste vietnamien, à savoir « la propriété et de la terre par le peuple tout entier ».

Analysant le conflit actuel, les évêques jugent qu’il a été envenimé par certains défauts structurels de la société vietnamienne d’aujourd’hui, Ils soulignent, en particulier, le mépris de la vérité et la « malhonnêteté » qui règnent dans la presse officielle qui a déformé et tronqué les nouvelles.

Enfin, l’épiscopat vietnamien réprouve la violence qui a été utilisée au cours du conflit et demande à tous de renoncer à son usage aussi bien dans les actes que dans le vocabulaire. (apic/eda/pr)

28 septembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!