au sein de l’Eglise bouddhique d’Etat

Vietnam: les protestations se multiplient (181193)

Vers le prochain procès de six religieux bouddhistes arrêtés cet été?

Hué, 18novembre(APIC) Les autorités vietnamiennes prépareraient dans le

secret le procès des six religieux bouddhistes arrêtés dans les jours qui

ont suivi la manifestation du 24 mai dernier à Huê, révèle «Eglises

d’Asie». Ces religieux bouddhistes sont inculpés de trouble de l’ordre public. Aucun des organes de la presse officielle n’a cependant fait mention

de ce procès. Les autorités auraient toutefois rendu public le nom des inculpés accusés d’avoir pris une part active dans cette manifestation de

protestation décidée à la suite de l’interrogatoire du supérieur d’une

pagode.

Ce procès, s’il a lieu, sera l’un des épisodes du conflit qui, depuis

maintenant plus d’un an et demi, oppose les adeptes de l’Eglise bouddhiste

unifiée ainsi que les partisans d’un bouddhisme indépendant aux autorités

civiles vietnamiennes et à l’Eglise bouddhique d’Etat.

Le premier heurt s’est produit en avril 1992 lors de l’enterrement de

l’ancien patriarche Thich Don Hâu et de l’accession au patriarcat du religieux en exil dans le Centre-Vietnam, Thich Huyên Quang. Le 21 mai 93,

l’auto-immolation d’un fidèle bouddhiste dans l’enceinte d’un des plus

prestigieux lieux de culte du bouddhisme vietnamien, la pagode de la Dame

céleste, avait relancé le mouvement pour la restauration du bouddhisme unifié.

Se libérer de la soumission

L’interrogatoire du supérieur de la pagode, le vénérable Thich Tri Tuu,

trois jours plus tard, avait jeté dans les rues de Huê une grande foule,

estimée à 40’000 personnes selon des sources bouddhistes. Les religieux

dont le procès se prépare aujourd’hui auraient pris une part active à cette

manifestation. Trois d’entre eux furent placés «en détention provisoire» le

5 juin: les vénérables Thich Tri Tuu, Thich Hai Thinh et Thich Hai Tang. Le

19 juillet trois autres religieux de la même pagode étaient arrêtés à leur

tour, les vénérables Thich Hai Chanh, Thich Hai Dam et Thich Hai Lac. La

presse officielle annonçait alors leur procès imminent.

Le mouvement qui pousse aujourd’hui de nombreux religieux bouddhistes à

se libérer d’une soumission étroite au pouvoir politique se développe avec

une certaine vigueur au sein même de l’Eglise d’Etat. Ainsi, la communauté

des religieux et religieuses (Sangha) de la province Thua Thiên-Hué vient

d’envoyer au principal dirigeant de l’Eglise bouddhiste du Vietnam (Eglise

d’Etat), le vénérable Thich Tri Tinh, une pétition munie de 52 signatures

de bonzes appartenant à 28 pagodes de Huê.

Cette pétition, qui fait suite à celle envoyée le 6 janvier 1993, proteste contre l’éviction injustifiée d’un haut dirigeant bouddhiste, le vénérable Thich Thiên Hanh, coupable de ne pas s’être conformé aux directives

politiques de l’Eglise bouddhique du Vietnam. La pétition demande aussi

l’envoi d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les événements survenus à Huê. (apic/eda/pr)

18 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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