Vers l’établissement de relations diplomatiques
Vietnam: Progrès dans les relations avec le Vatican
Rome/Hanoi, 19 mars 1999 (APIC) Des progrès importants ont été enregistrés dans les relations entre le Vatican et le Vietnam, et les deux Etats sont désormais plus proches de l’établissement de relations diplomatiques. Citant vendredi le «vice-ministre des Affaires étrangères» du Vatican, Mgr Celestino Migliore, de retour du Vietnam, Radio Vatican relève que les deux côtés ont fait «un premier pas dans la direction de relations officielles».
Une délégation vaticane, dirigée par Mgr Celestino Migliore, de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, s’est rendue en visite à Hanoi du 15 au 19 mars pour rencontrer des membres du gouvernement vietnamien. Mgr Migliore était accompagné, pour ces quatre jours de visite officielle, d’un prélat d’origine vietnamienne, Mgr Barnabé Phuong, de la Congrégation vaticane pour l’évangélisation des peuples.
Sur le tapis, les questions cruciales de toujours pour l’Eglise: la liberté pour les activités, l’ouverture de nouveaux séminaires, les nominations d’évêques. Pendant la semaine qui a précédé la visite, le Ministère vietnamien des Affaires éétrangères avait déclaré qu’il voulait aborder la question des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Hanoi. Comme l’a rapporté l’agence de presse vaticane FIDES, le cardinal Pham Dinh Tung, archevêque de Hanoi, a déclaré que ce pas pourrait être le prélude à une visite du pape dans le pays.
Mgr Son Lam, secrétaire général de la Conférence épiscopale du Vietnam, a révélé le programme de la délégation: la rencontre avec la Commission gouvernementale chargée des questions religieuses, et avec le ministre des Affaires étrangères à Hanoi, puis visite dans l’ancien Sud-Vietnam, place forte du catholicisme après l’installation du régime communiste au Nord-Vietnam et la vague de réfugiés qui s’en était suivie. Fait important à relever: une messe a été concélébrée à Phan Thiet avec l’évêque du lieu, Mgr Nicolas Huynh Van Nghi, que le gouvernement avait refusé auparavant comme administrateur apostolique de Saigon et comme archevêque de Hô Chi Minh-Ville. Le séjour de la délégation vaticane s’est terminé pa une messe célébrée dans la cathédrale de Hanoi.
Le Parti communiste doit se réformer ou mourir
Ces quatre jours de discussions portant sur des sujets importants représentent une nouveauté pour le gouvernement communiste vietnamien. Selon des observateurs internationaux, le pouvoir est en quelque sorte «contraint» de donner des signes d’ouverture en raison de la gravité de la situation intérieure. Au sein du Parti communiste, en effet, les désaccords se multiplient: des officiers de haut rang ont récemment critiqué sa ligne politique. La déception face au peu de résultats obtenus par le régime durant toutes ces années, les critiques contre la corruption, le désir de démocratie et de liberté, continuent à créer des secousses sérieuses au sein de la classe dirigeante vietnamienne.
Au début de janvier, le Parti a exclu de ses rangs le général Tran Do, révolutionnaire de vieille date, qui l’avait critiqué ouvertement, en l’invitant à «se réformer ou à mourir», voire même à abandonner le socialisme, si c’était nécessaire pour la croissance économique.
Dangereuse croissance de l’inégalité sociale
Un autre facteur déterminant est la situation socio-économique préoccupante. Selon M. Robert Glofcheski, dirigeant du PNUD, le Programme de Développement des Nations-Unies, «le Vietnam doit se préparer à faire face à un chômage croissant et à l’affaiblissement de son économie, pour éviter les dangers de l’instabilité sociale … La croissance continue à diminuer fortement; il faut des mesures politiques pour bloquer l’impact social de la crise… Le Vietnam devrait apprendre la leçon de l’Indonésie», où la croissance incontrôlée du pays a amené la récession économique, de grandes difficultés pour les pauvres, en donnant lieu à des agitations sociales et à la chute du président Suharto. Pour M. Glofcheski, il est opportun d’adopter des politiques qui améliorent la distribution de la richesse, et donnent la possibilité à la population rurale de se maintenir à la campagne.
L’Eglise catholique accusée de «ne penser qu’à elle-même»
La visite de la délégation vaticane a été critiquée par les autres religions présentes au Vietnam. Bouddhistes et confucianistes craignent que le gouvernement ne fasse des concessions à la seule Eglise catholique, accusée «de penser seulement à elle-même». Mais les demandes de la délégation vaticane, et les améliorations éventuelles sur le plan de la liberté religieuse qui sont espérées, pourraient aussi avoir un effet bénéfique pour les autres religions. Le Vietnam compte 77 millions d’habitants, dont 8 millions de catholiques environ. (apic/fides/cic/be)



