Le mois d’avril devrait apporter des éléments de réponses

Vietnam: Relations entre le Vatican et Hanoi

Hanoi/Rome, 29 mars 1999 (APIC) Le gouvernement vietnamien rendra réponse au Saint-Siège dans le courant du mois d’avril sur un certain nombre de revendications émises par la délégation vaticane, lors de son séjours au Vietnam, du 15 au 19 mars. Cette délégation avait réclamé plus de liberté religieuse pour les religions et pour la pratique de la religion. L’Eglise du Vietnam et le Vatican affichent désormais un optimisme prudent sur la possibilité de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le gouvernement de Hanoi.

Une chose paraît néanmoins de plus en plus certaine: le pape Jean Paul II, ainsi qu’il en était question, ne pourra se rendre au Vietnam d’ici à la fin de cette année, comme l’espéraient les catholiques vietnamiens et le pape lui-même.

La délégation du Vatican, qui a séjourné au Vietnam du 15 au 19 mars, a rencontré des représentants du gouvernement et du Ministère des Affaires religieuses. Les négociations avec les représentants du gouvernement ont débouché sur une déclaration commune d’intentions, et la promesse de futures rencontres.

Mgr Barthélémy Nguyen Son Lam, secrétaire de la Conférence épiscopale, a déclaré à l’agence d’information du Saint Siège «Fides», que le climat des entretiens avait été, cette fois, très détendu, et que les autorités vietnamiennes semblaient plus ouvertes que dans le passé. La Délégation a présenté quelques problèmes de l’Eglise du Vietnam rencontrés en raison du manque de liberté: trois sièges épiscopaux vacants (Lang Son, Hung Hoa, Haï Phong); des évêques âgés à remplacer dans de nombreux diocèses; un nouveau grand séminaire à ouvrir à Xuian Loc.

Le Vatican a également demandé que les Ordres religieux puissent ouvrir des noviciats et la liberté d’accueillir un nombre suffisant de candidats dans les séminaires (limités pour l’instant par un «numerus clausus» imposé par le gouvernement). «Nous sommes surpris, a déclaré Mgr Nguyen Son Lam, de trouver, cette fois, du côté vietnamien, une attitude plus favorable, voire même joyeuse, même en ce qui concerne les nominations proposées par le Vatican».

En lien avec la crise économique

Selon le secrétaire de la Conférence épiscopale, cette nouvelle ouverture du Vietnam est en lien avec la crise économique dans le pays et donc la nécessité de contacts avec l’étranger. Les évêques vietnamiens ont particulièrement bénéficié de ce nouveau climat plus favorable à l’Eglise: ils sont maintenant libres de se déplacer sans autorisation et de se rencontrer, ce qui leur permet notamment de réfléchir aux problèmes pastoraux et sociaux. Les prêtres sont toujours surveillés.

Une visite du Pape Jean Paul II semble toutefois improbable, aux dires mêmes de Mgr Nguyen Son Lam, «pour des raisons techniques de préparation, mais aussi pour des raisons diplomatiques». Il faudrait une reprise totale des relations diplomatiques. Certains avaient également pensé que le pape aurait pu se rendre au Vietnam à l’occasion de son voyage en Asie pour la clôture du Synode des évêques qui s’est déroulé à Rome en avril et mai 1998.

Au cours des entretiens, la délégation vaticane a souligné que le Saint-Siège ne demandait que la liberté religieuse pour toutes les religions et plus de liberté dans la société. Le gouvernement a promis de donner sa réponse au mois d’avril. (apic/zenit/pr)

29 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!