Demander plus de liberté religieuse au gouvernement

Vietnam: Rencontre du président Clinton avec les autorités religieuses

Hanoï, 12 novembre 2000 (APIC) A l’occasion d’une visite au Vietnam prévue pour les 17 et 18 novembre prochains, le président des Etats-Unis Bill Clinton rencontrera des représentants catholiques et protestants, pour se rendre compte personnellement de la situation religieuse dans le pays et, espèrent les catholiques vietnamiens, pour demander plus d’ouverture au gouvernement de Hanoï.

Le Président Clinton, qui arrivera dans la Capitale du Vietnam aussitôt après la Rencontre avec les dirigeants de la région Asie-Pacifique prévue à Brunei les 15 et 16 novembre, assistera à la messe dans la cathédrale de l’Immaculée à Saïgon le 18 novembre. Il rencontrera l’archevêque de Hô Chi Minh-ville, Mgr Jean-Baptiste Pham Minh Man, actuellement en voyage en Europe pour recueillir des fonds pour son diocèse et pour les victimes des inondations au Sud Vietnam.

Selon l’agence d’information «Fides», les fidèles catholiques espèrent que la visite du Président Clinton et sa rencontre avec Mgr Pham Minh Man seront l’occasion de montrer au monde le contrôle toujours très strict qui s’exerce sur toutes les religions du pays, et en particulier sur l’Eglise catholique. «Nous sommes heureux qu’il vienne, a déclaré un fidèle du diocèse de Saïgon, et nous espérons que, en plus des discussions sur l’économie et sur des contrats, il parlera aussi des droits humains et religieux».

Activités religieuses limitées

Depuis plus d’un an, le gouvernement vietnamien a décrété de nouvelles règles qui limitent très fortement les activités religieuses dans les églises, dans les couvents, et même dans le domaine caritatif. Il y a quelques mois, le département d’Etat des Etats-Unis a publié un dossier sur la liberté religieuse dans le monde. Le Vietnam y figure parmi les pays qui «limitent la liberté de croyance ou de religion de manière totalitaire ou autoritaire». Hanoï, pour sa part, a récusé les accusations américaines jugeant qu’elles étaient «des ingérences dans les affaires intérieures» du pays, et «contraires aux principes fondamentaux des lois internationales».

La visite du président Clinton pourrait avoir des conséquences inattendues à l’égard des protestants. Le gouvernement s’apprête en effet à reconnaître les Eglises protestantes du Sud Vietnam, qui vivaient jusqu’à présent dans l’illégalité. Ces 25 dernières années, Hanoï a refusé de les reconnaître parce que, de leur côté, elles refusaient de créer une «association patriotique» liée au gouvernement. Beaucoup de protestants craignent qu’une reconnaissance officielle n’étouffe la liberté de nombreux pasteurs.

Depuis 1975, les Eglises protestantes du Sud Vietnam et du Vietnam du Centre sont passées de 150’000 fidèles à 800’000 fidèles. Nombre d’entre eux appartiennent aux tribus des Montagnards, considérés depuis toujours comme suspects par le gouvernement du Vietnam, en raison de leurs tendances autonomistes. D’après des sources locales du pays, il y a environ 1’500 églises protestantes domestiques (et donc illégales), et seulement 350 églises officielles. De nombreux dirigeants protestants sont actuellement en prison ou soumis à des restrictions de leur liberté d’action. (apic/fides/bb)

12 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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