Sénégal: Des dizaines de milliers de catholiques au pèlerinage marial de Popenguine
Vigoureux plaidoyer du Père Blanc venu de Nouackhott
Dakar, 13 juin 2011 (Apic) Des dizaines de milliers de fidèles catholiques du Sénégal et des pays voisins ont effectué lundi 13 juin le traditionnel pèlerinage marial de Pentecôte à Notre-Dame de la Délivrance à Popenguine (sud de Dakar), dont c’était la 123e édition.
Cette année, c’est le diocèse de Nouakchott, en Mauritanie, qui eu l’honneur de présider la messe, selon un système de rotation. Chaque année, en effet, l’Eglise du Sénégal invite un évêque d’un pays membre de la Conférence épiscopale interterritoriale du Sénégal, de la Gambie, de la Mauritanie, de la Guinée-Bissau, et du Cap-Vert.
C’est un missionnaire d’Afrique, Mgr Martin Albert Happe, évêque de Nouakchott depuis 1995, qui a cette année prononcé l’homélie. Il est à la tête d’un diocèse où tous les catholiques sont des étrangers, car en Mauritanie, tous les habitants sont musulmans. Le Père blanc d’origine allemande a appelé dans son homélie au pardon et au dialogue entre les populations, tout en déplorant les maux récurrents de l’Afrique: pauvreté, calamité, maladies, conflits armés, et conditions de vie difficiles des réfugiés.
Dans cette intervention axée sur la réconciliation, la justice et la paix, il a invité les fidèles et les dirigeants africains à méditer davantage sur ces mots, «au vu de la situation qui prévaut dans le continent où les réfugiés vivent dans des conditions désastreuses, où une pauvreté scandaleuse dans les villes et villages, ainsi que des maladies de toute sorte qui assaillent les populations, sans oublier les calamités et autres catastrophes aux conséquences incalculables sur les populations, et enfin les nombreux foyers de tension et conflits armés».
Religieux catholiques et musulmans ensemble au pèlerinage
«Ces interpellations doivent nous inciter à revoir nos attitudes, nos comportements et nos engagements», a-t-il souligné devant une foule de fidèles, de religieux catholiques et musulmans, de représentants du gouvernement et des partis politiques du Sénégal, fortement mobilisés pour l’évènement.
Pour l’archevêque de Nouakchott, malgré les progrès de la science et de la technologie, beaucoup de personnes continuent de souffrir, surtout à cause de décisions des gouvernants qui ne prennent pas en compte l’intérêt général. Il a fustigé à ce propos les gouvernements qui n’ont «aucun souci du bien public». «L’Afrique n’est pas abandonnée, elle est entre nos mains, tout ce qu’elle demande, c’est un espace pour s’épanouir», a poursuivi Mgr Happe. Il a enfin invité les chrétiens à se familiariser avec le nouveau Testament qui contient tout pour « une meilleure réconciliation, une meilleure justice, et pour une paix véritable ».
Le pèlerinage marial de Popenguine a commencé pour la première fois en 1888, à l’initiative d’un évêque français de l’époque, Mgr Mathurin Picarda. Il vise à rappeler aux pèlerins tout ce qui fait l’objet de leur foi en tant que catholiques, a souligné le recteur du sanctuaire marial, le Père Pierre François Queinnec. «L’objet de toute cette démarche de foi se résume à aller vers Dieu», a-t-il indiqué dans une déclaration à l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Des témoignages de «miracles»
Dans des témoignages rapportés par l’Agence de presse sénégalaise (APS), plusieurs pèlerins ont parlé de fait «miracles» et des bienfaits du pèlerinage qu’ils considèrent désormais comme un événement «incontournable» dans leur vie de croyant.
Emilie Sarr, par exemple, se recueille, en priant aux côtés d’autres pèlerins qui ont fait le déplacement depuis Dakar. Cette femme d’une quarantaine d’années a confié à la presse qu’un «miracle s’est produit dans ma vie à la suite d’un pèlerinage à Popenguine».
«Il y a quelques années, j’étais gravement malade. Je souffrais sans pour autant savoir l’origine de mon maladie, encore moins la cause, ni le type de maladie. Durant sept ans, j’étais malade. Entretemps, j’allais me faire traiter chez des marabouts, des féticheurs, chez des maures, mais en vain. A un moment, j’étais convaincue que j’allais mourir. Un jour, une amie m’a recommandé de venir prier au sanctuaire de Popenguine. J’ai commencé à venir pour les pèlerinages et même les dimanches. C’est là que j’ai commencé à sentir une amélioration de ma santé», a-t-elle raconté. Ce changement, elle dit l’avoir ressenti comme si on l’avait «débarrassée de quelque chose dans lequel tout le corps avait été enchaîné. Après, j’ai ressenti que le fardeau de la maladie n’était plus là, les douleurs que j’avais ont disparu, j’étais guérie !»» Cette adepte du pèlerinage marial affirme que «Dieu a fait descendre beaucoup de grâces au sanctuaire de Popenguine». (apic/ibc/be)



