Burundi: La FIACAT et Caritas se joignent à un appel à la communauté internationale

Violences à la veille de l’élection présidentielle du 28 juin

Bujumbura, 27 juin 2010 (Apic) La Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT), Caritas Burundi, et 18 autres organisations de défense des droits de l’homme et de la société civile au Burundi, ont appelé la communauté internationale, à suivre avec «plus de vigilance» le processus électoral au Burundi. Une élection présidentielle controversée a lieu lundi 28 juin 2010 au Burundi, où le président sortant, Pierre Nkurunziza, âgé de 45 ans, est candidat à sa propre succession. Elu une première fois comme président le 19 août 2005, il est aussi le seul candidat…

Pierre Nkurunziza était à la tête des Forces pour la défense de la démocratie (FDD), le principal mouvement militaire hutu luttant contre le pouvoir tutsi en place depuis l’indépendance. Nkurunziza fit partie des signataires, avec le président Pierre Buyoya, de l’accord de paix d’Arusha marquant la fin de la guerre civile burundaise en 2000. Le 16 novembre 2003, les FDD signent un accord avec le gouvernement tutsi pour mettre en place une période de transition politique vers le retour de la démocratie. Les FDD se transforment alors en parti politique.

Les 10 autres adversaires du président Nkurunziza qui avaient fait acte de candidature, se sont retirés de la course, pour protester contre le manque de sincérité et l’irrégularité qui se sont fait jour dans le processus électoral. Depuis le début de la campagne électorale pour la présidentielle, le 12 juin dernier, il ne s’est pas passée «une seule nuit sans que des grenades soient lancées. Pour la période du 11 au 23 juin, la police a compté 54 jets de grenades ayant fait 8 morts et 46 blessés».

Dans un communiqué, la FIACAT, Caritas et leurs partenaires ont relevé qu’à la veille du scrutin présidentiel, le pays se trouve dans une situation de «tensions et d’impasse politiques». «On y constate une recrudescence alarmante des incidents de violence liés aux enjeux électoraux». Ce climat fait suite au premier scrutin communal du 24 mai dernier dont les résultats ont été rejetés en bloc par 13 partis de l’opposition. Parmi ces formations politiques, les 12 sont regroupées au sein d’une coalition dite «ADC-Ikibiri».

Selon le texte, les électeurs burundais sont «entre le marteau et l’enclume». Le camp du président Nkurunziza «invite» les électeurs «à se rendre en masse aux urnes», tandis que l’opposition les incite au contraire à boycotter les élections. les électeurs subissent la pression contradictoire de divers chefs politiques. Les principaux enjeux pour le bon déroulement du scrutin seront le taux de participation et la sécurité. Cependant force est de constater que la mouvance présidentielle et l’opposition restent «radicales dans leurs positions, malgré les appels au dialogue de la société civile et de la communauté internationale».

«Se rendre aux urnes ou non constitue dans tous les deux cas, un danger pour l’électeur», poursuivent les organisations signataires, faisant observer que l’encre indélébile et le tampon sur la carte d’électeur initialement prévus pour garantir la transparence et prévenir la fraude électorale seront perçus comme une «prise de position très visible». De leur côté, les abstentionnistes redoutent des violences qui seraient perpétrées en guise de représailles pour n’avoir pas voté.

Conscients «qu’il vaut mieux prévenir que guérir», et s’appuyant sur les leçons apprises et surtout celles du dernier scrutin communal, les ONG recommandent au gouvernement burundais de déployer tous les efforts possibles pour assurer la sécurité des populations en général, et particulièrement autour et sur les lieux de vote, le jour du prochain scrutin et au lendemain de l’élection.

A la communauté internationale, elles demandent d’appuyer les partenaires politiques d’une manière «plus proactive», pour permettre l’ouverture d’un dialogue entre les parties divergentes. Elles lui demandent aussi de ne pas se focaliser seulement sur la sécurité physique sur les lieux de vote, mais de prendre en compte toutes les formes de pressions (agression verbale, menaces de mort, terrorisme…) de nature à contraindre les populations à agir contrairement à leur liberté. (apic/com/ibc/be)

27 juin 2010 | 16:51
par webmaster@kath.ch
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