L’archevêque de San Salvador inquiet
Violences au Salvador: Les civils autorités à acheter des armes pour se défendre ?
San Salvador, 8 juillet 1999 (APIC) L’archevêque de San Salvador, Mgr Fernando Saenz Lacalle, a exprimé son inquiétude après l’approbation d’une réforme de la législation autorisant les civils à porter des armes de gros calibre pour se défendre face à la vague de délinquance qui affecte le pays.
Face à la violence, qui se traduit par une moyenne quotidienne de 21 morts et de 500 attaques à main armée, l’Assemblée salvadorienne a en effet approuvé le 1er juillet un amendement à la loi actuellement en vigueur, afin de permettre aux civils d’acquérir des fusils G-3, M-16, AK-47, FAL, Dragonov, ainsi que des carabines semi-automatiques, pour mettre à la raison les délinquants.
Devant ce projet, Mgr Saenz Lacalle entend rappeler que la meilleure attitude est de «s’interroger sur la racine de ces problèmes, qui est le manque de formation morale et de solidarité effective». Le plus urgent dans cette situation, dit-il, s’est d’assurer «la formation morale de toute la population, pour que naisse un véritable respect et que se consolide ensuite la sécurité publique». L’archevêque a déploré aussi que «beaucoup aient recours à la violence, qui est tellement indigne et criminelle, comme moyen de résoudre leurs besoins économiques».
Au Salvador, la violence n’a cessé de croître depuis la fin de la guerre civile en 1992, quand des milliers d’armes furent dispersées sur le territoire national et 30’000 militaires démobilisés, tandis que 7’900 guérilleros et 10’00 membres des trois corps de sécurité furent dissous. Ces derniers ont fait place à la Police Nationale Civile (PNC), qui disposait jusqu’en avril dernier de 18’200 hommes, pour un territoire de 20’742 kilomètres carrés et une population de 6,1 millions d’habitants. (apic/cip/aci/pr)



