Centrafrique: «Les antibalaka font actuellement plus de dégâts que la Seleka», assure un missionnaire

Violences vindicatives contre les musulmans

Bangui, 18 février 2014 (Apic) «Les antibalaka font actuellement plus de dégâts que la coalition Seleka». C’est ce qu’a déclaré le 18 février 2014 à l’agence d’information vaticane Fides, le Père Aurelio Gazzera, missionnaire carme actif à Bozoum, dans l’ouest de la République centrafricaine. Les antibalaka, des milices constituées essentiellement de chrétiens, sont depuis quelques mois responsables de violences vindicatives contre les musulmans, considérés comme complices des rebelles de la Seleka.

Le Père Gazzera explique que certaines personnes se sont infiltrées dans les milices antibalaka pour voler et saccager impunément. Ces milices, qui se définissent elles-mêmes comme antibalaka, sont très nombreuses et n’ont pas de réelle direction commune. Il est donc difficile de trouver des interlocuteurs avec qui négocier, indique le missionnaire carme.

Le comportement des antibalaka varie apparement d’une zone à l’autre. Dans les provinces où ont été déployées les forces internationales – les forces africaines de la MISCA et la mission française Sangaris – comme à Bozoum, la situation est un peu plus calme, «mais la tension peut monter à l’improviste», précise le Père Gazzera.

Crise alimentaire

Les milices antibalaka sont responsables de violences envers la population musulmane, considérée comme complice des anciens rebelles de la coalition Seleka, qui ne semblent pas avoir été totalement vaincus. Les milices chrétiennes se sont constituées en réponse aux exactions perpétrées par les miliciens de la Seleka depuis l’arrivée au pouvoir de l’ancien président Michel Djotodia, en mars 2013.

Le missionnaire souligne en outre la précarité de la situation alimentaire. « Avant de partir de Bozoum, explique-t-il, la Seleka a détruit les dépôts de semences, ce qui fait que les problèmes seront énormes pour assurer la prochaine récolte. En outre, les fonds donnés par les organisations internationales en vue de la sécurité alimentaires ont été détournés». (apic/fides/rz)

18 février 2014 | 14:35
par webmaster@kath.ch
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