Afrique du Sud: Mgr Tlhagale dénonce la traite des humains pendant la Coupe du monde

Violent réquisitoire du prélat contre le gouvernement

Johannesburg, 19 mai 2010 (Apic) Mgr Buti Joseph Tlhagale, archevêque de Johannesburg, en Afrique du Sud, s’est montré vivement préoccupé par la traite des êtres humains qui pourrait se développer lors de la prochaine coupe du monde qui se tiendra en Afrique du Sud du 11 juin au 11 juillet. Le prélat s’en prend en termes vifs au gouvernement, qui se cache derrière des slogans pour masquer son incapacité à faire face aux problèmes.

Ses préoccupations rejoignent celles déjà exprimées la semaine dernière par le Centre jésuite pour la réflexion théologique (JCTR) de Lusaka, en Zambie. «Des millions de préservatifs»» ont été importés de Grande-Bretagne pour la Coupe du monde, a-t-il affirmé.

Selon des estimations de la Conférence des évêques catholiques d’Afrique du Sud (SACBC), près de 40’000 travailleurs du sexe seront déplacés en Afrique du Sud pendant la Coupe du monde.

Mgr Tlhagale, qui est aussi le président de la Conférence épiscopale d’Afrique du sud (SACBC), a déclaré, selon le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), que le trafic humain est une «forme dégradante de l’esclavage moderne» à la quelle les chrétiens doivent s’opposer. Il a appelé le gouvernement sud-africain à lutter contre cette «corruption» cet «esclavage», tout en déplorant la négligence des hommes politiques face à cette violence qui implique nécessairement une «complicité» avec les trafiquants.

Pour le prélat, si la fête de la Coupe du monde est «très admirable en soi», elle peut néanmoins se révéler «pire» notamment en raison du trafic d’être humains. «Pour certains hommes et femmes sans scrupule, c’est une occasion de faire fortune, en vendant des enfants et des femmes à des hommes pour le plaisir (…)».

Tout en accusant le gouvernement sud-africain de ne pas être pas à la hauteur de son slogan «Les gens d’abord», il a qualifié de «pure hypocrisie» sa politique de prétention de vouloir protéger toutes les personnes, alors que seule une minorité profite de cette «protection exceptionnelle».

Pour Mgr Tlhagale, «le pouvoir d’un Etat est jugé par la façon dont il protège ses enfants et ses femmes vulnérables, au lieu d’exhiber ses moyens de sécurité à la face du monde, alors qu’il ne protège que l’élite». «Nous avons tous la responsabilité de résister et de faire campagne sans relâche contre ces mauvaises pratiques»: traite des êtres humains, abus et exploitation des enfants, a-t-il fait remarquer, exhortant les chrétiens sud-africains à «combattre» la traite des êtres humains. (apic/ibc/pr)

19 mai 2010 | 15:50
par webmaster@kath.ch
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