Suisse: SWISSAID préoccupée par la répression au Niger
Visés: ceux qui réclament la transparence des revenus miniers
Berne/Lausanne, 27 août 2009 (Apic) L’organisation suisse de coopération au développement SWISSAID, s’est déclarée jeudi 27 août «préoccupée» par la répression qui vise au Niger ceux qui réclament la transparence dans la gestion des revenus miniers et pétroliers.
L’ONG suisse appuie au Niger des organisations de la société civile engagées en faveur d’une gestion transparente des revenus pétroliers, dont certains représentants sont actuellement menacés, arrêtés et mis en prison, tels Wada Maman et Marou Amadou.
Le Niger, où SWISSAID est présente depuis de nombreuses années, fait actuellement l’objet de toutes les convoitises en raison de ses importants gisements d’uranium et de pétrole que se disputent des compagnies françaises – parmi lesquelles Areva qui alimente également en uranium les centrales nucléaires suisses – américaines et depuis peu chinoises qui ont fait une percée spectaculaire.
Les dividendes de l’uranium et bientôt du pétrole ne profitent qu’à une minorité
Les organisations de la société civile nigérienne, qui se battent avec courage dans un environnement politique et économique très difficile, dénoncent le manque de transparence dans laquelle des contrats «faramineux» sont négociés, et le fait que les dividendes de l’uranium et bientôt du pétrole ne profitent qu’à une minorité, au détriment de l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population.
Dans le contexte tendu qui a vu le président Mamadou Tandja modifier la constitution pour briguer un nouveau mandat, la tension s’est encore accrue avec l’arrestation, le 22 août, de Wada Maman, membre d’une organisation qui lutte en faveur d’une gestion transparente des ressources minières, qui fait suite à celle de Marou Amadou, actuellement emprisonné. Tous deux sont membres du réseau international «Publiez Ce Que Vous Payez» (PCQVP) au Niger, qui vise à promouvoir une gestion transparente des revenus pétroliers. SWISSAID est très engagée au sein de cette coalition en Suisse.
Lors d’une conférence internationale organisée par SWISSAID à Zurich en juin dernier sur la question de la transparence des revenus miniers et pétroliers, un représentant de la société civile nigérienne avait témoigné de la vive tension qui régnait dans son pays. SWISSAID se déclare aujourd’hui extrêmement préoccupée par la répression dont font l’objet des personnes qui veulent voir leur pays sortir de la misère dans lequel il est plongé, par le biais d’une gestion transparente des richesses naturelles dont il est abondamment doté. (apic/com/be)



