Un voyage sous le signe de la polémique.

Visite apostolique de Jean Paul II au Canada

Toronto, 16 juillet 2002 (APIC) Dès le 18 juillet déjà, à travers tout le Canada, les JMJ prendront leur envol, par l’accueil des jeunes dans les diocèses. Officiellement toutefois, c’est à Toronto le 25 juillet et en présence de Jean Paul II, qu’elles s’ouvriront, pour se terminer le 28 juillet par une messe solennelle, qui aura été précédée, la veille, par la traditionnelle veillée de prière. Point noir: la faible participation, notamment des jeunes Canadiens. Mais le «boycott» des pays pauvres à cause des exigences financières ou encore le manque d’organisation inquiètent le Vatican.

Après la fermeture des inscriptions, le 16 juillet, le nombre de participants s’élevait à près de 200’000 jeunes, alors que les infrastructures ont été prévues pour en accueillir un million – équivalent au nombre de personnes venues aux JMJ de Paris, en 1997. Même si les organisateurs canadiens espèrent encore que la foule «double» le dernier jour, pour la messe de clôture présidée par le pape au Parc Downsview, certains sont moins optimistes.

«Contrairement aux précédentes Journées mondiales de la Jeunesse, la géographie du Canada rendra plus difficile la venue au dernier moment des jeunes du pays», a affirmé à l’APIC un des organisateurs de l’événement. «Si on arrive à 300’000 jeunes le dernier jour, ce sera déjà positif!».

Dans ce pays où l’on compte 5 à 10% de catholiques pratiquants, constate ce responsable, l’Eglise canadienne n’a par ailleurs pas su, en raison de sa pauvreté spirituelle, rejoindre ces jeunes. Ainsi, alors que dans les précédentes JMJ les jeunes autochtones représentaient la majorité des participants, cela ne devrait pas être le cas pour le Canada.

A ce jour, on compte près de 38’000 Canadiens inscrits, alors que les Etats- Unis, pays voisin, seront représentés par 55’000 jeunes. La plupart des autres participants seront des Européens – parmi lesquels, notamment, 20’000 Italiens, 8’000 Français et quelque 700 Suisses – 420 Romands, 220 Alémaniques et 60 Tessinois – , à en croire les chiffres donnés au 13 juin dernier. Quant à l’Amérique du sud, malgré un contexte économique difficile et les deux visites successives de Jean Paul II au Mexique et au Guatemala, ils seront près de 20’000, dont 4’000 du Mexique.

En revanche, environ 180 pays seront représentés, parmi lesquels la Corée – avec plusieurs centaines de jeunes -, Haïti – plus de 1’500 -, ou encore l’Afghanistan – 29 inscrits au 16 juillet. La présence d’une délégation de 200 à 250 Cubains est particulièrement significative, ces jeunes ayant réussi à obtenir l’autorisation de Fidel Castro, alors qu’aux JMJ de Rome, en 2000, ils n’étaient que 40.

Outre la peur du terrorisme souvent évoquée, une raison de la faible participation, notamment des pays pauvres, est la restriction de la délivrance des visas. Le gouvernement canadien craint en effet l’arrivée massive d’immigrés qui profiteraient de l’occasion des JMJ pour entrer dans le pays, comme de nombreux Ukrainiens ou Philippins ont atterri à Rome lors des dernières Journées mondiales de la Jeunesse en Italie. Ainsi, plus de 6’000 autorisations ont été refusées, au 16 juillet, où n’auront pas le temps d’aboutir.

«On est arrivé à une aberration du système politique canadien», a déclaré à I’APIC un autre organisateur des Journées mondiales de la Jeunesse. Certaines conférences épiscopales, notamment d’Afrique, ont même été jusqu’à boycotter ces JMJ en signe de protestation. Pour tenter de résoudre le problème, le cardinal James Francis Stafford, président du Conseil pontifical pour les laïcs s’est rendu à plusieurs reprises auprès de l’ambassadeur du Canada auprès de l’Etat italien, dans la semaine du 8 au 14 juillet. Il reste cependant encore des centaines de dossiers en attente qui n’auront pas le temps d’aboutir avant les JMJ.

Près de 15’000 jeunes bénévoles se sont déjà proposés pour l’organisation, et plus de 12’000 familles d’accueil ouvriront leurs portes à quelque 35’000 pèlerins uniquement pour la région de Toronto. (apic/imedia/pr)

16 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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